Le pôle judiciaire spécialisé en cybercriminalité de Bamako a prononcé, ce jeudi 3 avril 2025, la condamnation de l’opposant politique Seydina Touré à une peine d’un an d’emprisonnement ferme, ainsi qu’à une amende de 650 000 FCFA, accompagnée de dommages et intérêts, pour des faits liés à des publications sur les réseaux sociaux.
Membre influent du parti Alternative pour le Mali (APM), Seydina Touré avait été arrêté le 9 janvier 2025 à Ségou, puis transféré à Bamako où il avait été placé sous mandat de dépôt. Condamné à 1 an d’emprisonnement ferme, après trois mois de détention préventive, il lui reste neuf mois à purger.
Le ministère public lui reprochait principalement des atteintes au crédit de l’État, des troubles à l’ordre public et des injures par le biais d’un système d’information, en référence aux messages publiés sur sa page Facebook. Dans ces publications, il qualifiait les autorités de transition de « junte », accusait le régime d’« anarchie » et dénonçait l’arrestation d’imams influents, incitant à une réaction publique, des propos jugés pénalement répréhensibles par les juges.
Il convient de rappeler que le président de l’APM, Mamadou Traoré, avait également été incarcéré pendant plus de cinq mois avant sa libération en décembre 2024. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme expriment des préoccupations concernant l’évolution du climat politique et judiciaire au Mali, en particulier en ce qui concerne la liberté d’expression et l’application de la loi sur la cybercriminalité.
Les autorités, de leur côté, justifient leurs actions par la nécessité de préserver la stabilité du pays et d’empêcher la diffusion de messages incitant à la révolte, dans un contexte marqué par la transition politique et des tensions régionales croissantes.
MD/te/Sf/APA







