Le gouvernement malien a dévoilé à ses partenaires techniques et financiers une stratégie de long terme, la « Vision Mali 2063 », censée impulser une transformation économique et sociale profonde, adossée à une première phase opérationnelle couvrant la période 2024-2033.
Le gouvernement malien a présenté, mardi 9 septembre 2025, aux partenaires techniques et financiers la « Vision Mali 2063 », une stratégie nationale destinée à impulser un développement durable et souverain à long terme. La première phase, la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), constitue l’étape opérationnelle initiale.
Selon les documents officiels, la Vision repose sur onze projets structurants couvrant les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et la gouvernance. Le coût global de la SNEDD est estimé à 61 232,1 milliards de francs CFA, avec un besoin de financement complémentaire de 1 139 milliards de francs CFA.
La SNEDD, prévue pour une durée de dix ans, met l’accent sur la réduction de la pauvreté et l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation, la santé et l’eau potable. Elle vise également la diversification de l’économie, au-delà des mines, en privilégiant l’agriculture, les énergies renouvelables et l’industrialisation locale.
Les projections macroéconomiques publiées par le Fonds monétaire international indiquent que la croissance réelle du Mali a atteint 4,7 % en 2024 et devrait se situer à 5 % en 2025, avant de progresser à 5,4 % en 2026 si les grandes exploitations minières reprennent leurs activités. Le déficit budgétaire, évalué à 2,6 % du PIB en 2024, est prévu à 3,4 % en 2025 en raison de dépenses exceptionnelles.
Parmi les projets phares alignés sur cette vision figure la construction d’une route de 140 kilomètres reliant Diéma à Sandaré, dans la région de Kayes, où 44,6 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ce corridor doit faciliter l’accès aux soins, aux marchés et aux services sociaux de base. Dans le domaine énergétique, la centrale solaire de Sanankoroba, d’une capacité de 200 mégawatts, est en cours de mise en œuvre. Elle doit fournir l’équivalent de 10 % de la production électrique nationale et réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles.
La présentation du 9 septembre a été présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, en présence du coordonnateur résident par intérim des Nations Unies. Les partenaires techniques et financiers ont salué la démarche tout en insistant sur la nécessité de mécanismes de suivi rigoureux, de transparence dans la gestion et de mobilisation accrue des ressources internes. Le gouvernement a affirmé que la Vision 2063 constitue une trajectoire nationale vers un Mali émergent et souverain à l’horizon 2063.
MD/ac/Sf/APA





