Le11 septembre, au-delà de son retentissement international, est une date qui résonne aussi profondément en Afrique. Elle correspond chaque année au Nouvel An éthiopien et copte, mais elle a également marqué des tournants historiques, des moments de résistance pacifique, des libérations politiques et des drames contemporains.
En Éthiopie, la journée coïncide avec Enkutatash, le Nouvel An célébré le 11 septembre (ou le 12 en année bissextile), qui symbolise la fin des pluies et le renouveau. En Égypte, les Coptes commémorent au même moment le Nayrouz, fête religieuse en mémoire des martyrs.
Le 11 septembre 1897, les troupes de l’empereur Ménélik II s’emparèrent du dernier roi du Kaffa, Gaki Sherocho, marquant la chute définitive de ce royaume. La date est parfois donnée au 10 septembre, mais plusieurs chronologies retiennent le 11. Trois ans plus tard, le président du Transvaal, Paul Kruger, quittait son pays le 11 septembre 1900 pour s’exiler via Lourenço Marques, aujourd’hui Maputo.
À Johannesburg, le 11 septembre 1906, près de 3 000 Indiens réunis autour de Mohandas K. Gandhi posaient les jalons de la satyagraha, la résistance non violente qui allait faire école.
Plus près de nous, l’Égypte adopta sa Constitution de 1971 lors d’un référendum tenu le 11 septembre de cette année-là. Le Kenyatta International Conference Centre (KICC), devenu un symbole architectural de Nairobi, fut inauguré le 11 septembre 1973. Treize ans plus tard, le président égyptien Hosni Moubarak et le Premier ministre israélien Shimon Peres engageaient à Alexandrie des pourparlers les 11 et 12 septembre 1986.
Le 11 septembre 1988, un épisode plus intime marquait les archives de l’Afrique du Sud : hospitalisé pour tuberculose, Nelson Mandela recevait ce jour-là un gâteau au chocolat, geste simple consigné dans ses mémoires. Deux ans plus tard, dans le prolongement de la Pretoria Minute, plusieurs prisonniers politiques furent libérés en septembre 1990, certaines chronologies retenant la date du 11 comme étape de ce processus vers la fin de l’apartheid.
Le XXIᵉ siècle a, quant à lui, associé la date à des drames. Dans la nuit du 11 au 12 septembre 2012, l’attaque de la mission américaine de Benghazi (Libye) fit quatre morts, dont l’ambassadeur J. Christopher Stevens. Le 11 septembre 2020, un attentat-suicide attribué aux shebab frappait des fidèles à la sortie d’une mosquée à Kismayo, en Somalie. Enfin, dans la nuit du 10 au 11 septembre 2023, la tempête Daniel entraîna la rupture de deux barrages à Derna (Libye), provoquant des inondations meurtrières dont les bilans officiels et indépendants divergent, mais qui comptent parmi les catastrophes les plus graves de la région.
Sf/APA





