Le gouvernement malien a ouvert, le 29 juin 2026 à Bamako, un atelier national destiné à améliorer sa stratégie de solutions durables pour les personnes déplacées et les populations affectées par la crise. La rencontre intervient alors que le pays compte encore plus de 400 000 déplacés internes et fait face à des besoins humanitaires élevés.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier dédié aux populations affectées par la crise a été présidée par la ministre de la Santé et du Développement social, le médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré. Pendant trois jours, des responsables publics, partenaires techniques, acteurs humanitaires et représentants institutionnels doivent examiner le plan d’action de la Stratégie nationale des solutions durables au Mali, avec l’objectif de mieux coordonner les réponses à une crise de déplacement devenue prolongée.
Cette stratégie couvre la période 2025-2029. Son plan d’action, publié en mars 2025, prévoit des interventions dans 34 localités prioritaires situées à Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Koulikoro, Kayes, Kidal et dans le district de Bamako. Les bénéficiaires visés sont les déplacés internes, les réfugiés, les rapatriés, les retournés et les communautés hôtes vulnérables.
Le Mali compte environ 414 500 déplacés internes, selon les données humanitaires récentes. Le pays accueille aussi plus de 276 000 réfugiés, tandis que plus de 334 000 Maliens vivent comme réfugiés dans les pays voisins. Ces mouvements de population sont liés à l’insécurité persistante dans le nord, le centre et certaines zones frontalières, mais aussi à la pression exercée sur les moyens de subsistance, les services sociaux et les terres agricoles.
La notion de solutions durables vise à réduire la dépendance prolongée à l’aide d’urgence. Elle recouvre le retour volontaire dans les localités d’origine, l’intégration dans les zones d’accueil ou la réinstallation dans un autre lieu, avec un accès minimum à la sécurité, au logement, aux documents civils, à l’éducation, à la santé, à l’eau, aux terres et aux revenus.
Dans plusieurs régions, ces conditions restent difficiles à réunir. Les retours sont freinés par la présence de groupes armés, les risques liés aux engins explosifs, l’abandon des champs, la perte de bétail, la destruction des habitations et l’absence de services publics dans certaines localités. Dans les zones d’accueil, les familles déplacées pèsent aussi sur des écoles, centres de santé, points d’eau et marchés déjà fragilisés.
Le contexte humanitaire demeure lourd. OCHA estime que 5,1 millions de personnes auront besoin d’assistance au Mali en 2026, dont 3,8 millions ciblées par la réponse humanitaire, pour un besoin de financement de 577,9 millions de dollars. Le Programme alimentaire mondial estime pour sa part que 1,6 million de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë et que 1,6 million d’enfants de moins de cinq ans sont exposés à la malnutrition aiguë.
Les enfants représentent une part importante de la crise. UNICEF recensait, au premier trimestre 2026, près de 415 000 déplacés internes et près de 280 000 réfugiés au Mali. L’agence estimait aussi à 5,9 millions le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire, dont 3,2 millions d’enfants, en incluant des districts vulnérables situés hors du périmètre strict du plan humanitaire inter-agences.
La question du financement reste l’un des principaux obstacles. UNICEF indiquait au 31 mars 2026 que son appel humanitaire pour le Mali, fixé à 109,1 millions de dollars, présentait encore un déficit de 69 %. Les secteurs les plus exposés sont la santé, la protection de l’enfance, l’eau, l’assainissement, l’éducation et la protection sociale.
L’atelier de Bamako doit permettre de préciser une feuille de route commune entre les ministères, les collectivités, les humanitaires, les partenaires de développement et les communautés concernées. Sa mise en œuvre dépendra de la sécurité dans les zones de retour, de l’accès humanitaire, de la disponibilité des terres, de l’état des infrastructures et de la capacité des services publics à accompagner les familles au-delà de l’urgence.
MD/Sf/APA







