La suspension des salaires de plus de 36 000 fonctionnaires non enregistrés dans le SIGRH, combinée à la fin de la subvention de l’État aux écoles catholiques et à l’insécurité persistante, met en péril le démarrage des cours prévu le 1er octobre 2025. Le syndicat BEN-SNEC menace déjà d’une grève générale.
Le Syndicat national de l’éducation et de la culture (BEN-SNEC) a placé ses structures en alerte après l’annonce gouvernementale de suspendre, dès septembre, les salaires de 36 151 agents publics jugés non enrôlés dans le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH), une plateforme de recensement biométrique mise en place au Mali pour moderniser et sécuriser la gestion de la fonction publique. La rentrée scolaire est prévue le 1er octobre 2025, et le syndicat menace de déclencher une grève générale qui pourrait retarder le démarrage des cours.
Selon le rapport remis au président de la Transition le 15 août, le SIGRH a validé 122 166 agents sur un effectif total de 158 317. Les 36 151 fonctionnaires restants, dont un grand nombre d’enseignants, sont considérés comme absents du fichier biométrique et se voient privés de salaire, pour un montant estimé à 48,28 milliards de francs CFA par an, soit 4,57 % de la masse salariale nationale. Le gouvernement a fixé un délai de trois mois pour régulariser la situation, mais le BEN-SNEC dénonce une décision unilatérale et affirme que des agents enrôlés apparaissent à tort sur les listes des exclus.
Le risque de paralysie de l’école publique s’ajoute à d’autres tensions. La fin de la subvention de l’État aux établissements catholiques menace la fermeture d’environ 138 écoles, fréquentées par près de 40 000 élèves et encadrées par plus de 1 600 enseignants.
L’insécurité accentue encore la fragilité du système éducatif. Au 30 juin 2025, le Cluster éducation recensait 2 036 écoles fermées pour des raisons sécuritaires, affectant plus de 610 800 élèves et 12 200 enseignants, un chiffre en hausse depuis le début de l’année.
À quelques jours de la reprise des cours, la combinaison de la menace de grève, des fermetures d’écoles confessionnelles et de l’impact persistant de l’insécurité fait peser un risque sérieux sur le bon déroulement de la rentrée scolaire au Mali.
MD/AC/Sf/APA







