Deux jours après les attaques coordonnées du 25 avril ayant coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, le Premier ministre Abdoulaye Maïga et le président du Conseil national de transition (CNT), Malick Diaw, ont rendu visite lundi aux blessés hospitalisés à Bamako, tandis que l’état-major assure poursuivre les opérations de ratissage et le repositionnement tactique des Forces armées maliennes (FAMa) dans la région de Kidal.
Le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, s’est rendu lundi au Centre hospitalier universitaire (CHU) Pr Bocar Sidy Sall de Bamako pour visiter les blessés admis après les attaques perpétrées le 25 avril à Kati.
Le chef du gouvernement était accompagné du président du Conseil national de transition (CNT), le général Malick Diaw. Les deux responsables ont échangé avec les équipes médicales et se sont enquis de l’état de santé des patients pris en charge en réanimation, en traumatologie ainsi qu’au pavillon D de l’établissement.
À l’issue de cette visite, Abdoulaye Maïga a condamné avec fermeté ce qu’il a qualifié d’actes de terrorisme « lâches et barbares », tout en saluant le professionnalisme et l’engagement du personnel soignant mobilisé depuis l’attaque.
Selon lui, une grande partie des victimes a déjà pu regagner son domicile, tandis que les cas les plus graves continuent de recevoir des soins spécialisés.
Le Premier ministre a également assuré que les autorités entendent apporter une réponse sociale aux personnes touchées, notamment à celles dont les habitations ont été endommagées. Des abris temporaires seront mis à leur disposition dans l’attente de solutions définitives, a-t-il indiqué.
Cette visite intervient au lendemain de la confirmation officielle du décès du ministre malien de la Défense et des Anciens Combattants, le général Sadio Camara, tué lors des attaques terroristes coordonnées visant plusieurs localités du pays.
Selon le communiqué du gouvernement de Transition, un véhicule piégé conduit par un kamikaze a visé la résidence du ministre à Kati, près de Bamako. Sadio Camara aurait engagé des échanges avec les assaillants et neutralisé certains d’entre eux avant d’être grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il a succombé à ses blessures.
L’effondrement de sa résidence a également causé d’autres victimes ainsi que la destruction d’une mosquée voisine, provoquant la mort de plusieurs fidèles.
Dimanche soir, le chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra, a assuré que les FAMa avaient repris l’initiative sur le terrain.
Selon lui, sept localités, dont Kidal, Gao, Mopti, Sévaré, Bamako et Kati, ont été simultanément visées par des attaques « complexes et coordonnées », menées à l’aide de véhicules kamikazes, d’engins explosifs improvisés, de drones kamikazes, de tirs indirects et d’attaques directes contre les positions militaires.
Le haut commandement affirme que la riposte a permis de neutraliser plus de 200 combattants, tandis que les opérations de ratissage se poursuivent.
Concernant Kidal, le général Diarra a indiqué qu’une « réadaptation du dispositif » était en cours avec un repositionnement des forces sur Anefis, tout en maintenant la présence militaire dans la région.
« Nous restons dans la région de Kidal », a-t-il insisté, présentant cette manœuvre comme une adaptation tactique destinée à renforcer l’efficacité des opérations.
De son côté, l’Africa Corps russe a annoncé avoir quitté Kidal avec les FAMa dans le cadre d’une décision conjointe avec les autorités maliennes, affirmant que les blessés et les équipements lourds avaient été évacués en priorité.
Les attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par le Front pour la libération de l’Azawad (FLA), nouvelle appellation de l’ex-CMA.
Face à la dégradation sécuritaire, un couvre-feu de 72 heures a été instauré à Bamako et l’aéroport international Modibo Keïta demeure sous fortes restrictions.
ARD/ac/Sf/APA







