Le gouvernement malien adopte un budget rectificatif 2025 renforçant la défense et la sécurité, alors que les élections prévues sont reportées.
Le gouvernement malien a adopté le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2025, visant à ajuster le budget prévisionnel pour répondre aux priorités sécuritaires. Cette réaffectation prévoit 157,128 milliards de FCFA pour la sécurisation du territoire et est détaillée dans un document de 469 pages, qui ajuste recettes, dépenses et ressources de trésorerie pour soutenir la résilience économique et les objectifs stratégiques nationaux.
Le PLFR table sur des recettes totales de 2 739,697 milliards de FCFA, en hausse de 90,797 milliards (+3,43%) par rapport à la loi de finances initiale (LFI) 2025. Le budget général passe de 2 526,261 milliards à 2 617,058 milliards (+3,59%). Les recettes fiscales nettes s’élèvent à 2 384,491 milliards (+50 milliards, +2,14%), comprenant des prélèvements spécifiques sur les services de téléphonie (25,229 milliards) et le mobile money (24,771 milliards). Les recettes non fiscales atteignent 65,200 milliards (+40,797 milliards, +167,18%), soutenues par 15 milliards du Programme moderne de contrôles des importations (PMCI) et 25,797 milliards de recettes exceptionnelles des sociétés de téléphonie. Les budgets annexes (8,903 milliards) et les comptes spéciaux du Trésor (113,736 milliards) restent inchangés.
Les dépenses totales en crédits de paiement (CP) s’élèvent à 3 279,886 milliards de FCFA (+50 milliards, +1,55%), tandis que les autorisations d’engagement (AE) atteignent 1 060,754 milliards (+88 milliards, +9,05%). Dans le budget général, les CP passent de 3 107,247 milliards à 3 157,247 milliards (+1,61%), et les AE de 958,184 milliards à 1 046,184 milliards (+9,18%). Les dépenses ordinaires s’établissent à 2 409,178 milliards (+0,80%), avec une hausse des acquisitions de biens et services à 720,009 milliards (+67,491 milliards, +10,34%), tandis que les dépenses en capital atteignent 748,070 milliards en CP (+4,30%) et 1 046,184 milliards en AE. Les budgets annexes et les comptes spéciaux du Trésor demeurent stables. Les dépenses incluent 50 milliards pour des projets d’infrastructures et de développement social.
La Sécurité renforcée
Le budget de la fonction « Défense » est porté à 527,027 milliards de FCFA (16,07% du total, contre 14,55% dans la LFI), et celui de « l’Ordre et sécurité publics » à 504,385 milliards (15,38%, contre 10,29%). Ces hausses, financées par l’annulation de 157,128 milliards de crédits d’autres secteurs, visent à renforcer les opérations des Forces armées maliennes (FAMA). Aucune allocation explicite pour l’organisation des élections n’est mentionnée, laissant entendre que ces fonds pourraient être réaffectés vers la sécurité.
Le déficit budgétaire prévisionnel est réduit à 540,189 milliards de FCFA (-40,797 milliards, -7,02%). Les ressources de trésorerie s’élèvent à 201,410 milliards (+74,44 milliards, +58,63%), incluant un appui budgétaire du Fonds monétaire international (FMI) de 74,44 milliards via la Facilité de crédit rapide. Les besoins de financement totaux s’établissent à 1 476,844 milliards (-2,69%), couverts par des emprunts (1 275,434 milliards), des cessions d’actifs (15 milliards) et des dépôts (18,301 milliards).
Le PLFR prévoit une croissance économique de 6,0% (contre 5,5% dans la LFI), un PIB nominal de 17 357,8 milliards de FCFA et une inflation de 2,8%. Le Mali respecte trois des cinq critères de convergence de l’UEMOA : solde budgétaire (-2,7% du PIB), inflation (≤3%) et encours de la dette publique (42,3% du PIB). Aligné sur la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033), ce budget consolide la résilience face aux défis sécuritaires et soutient les réformes structurelles.
MD/ac/Sf/APA






