Les appels se multiplient pour que le président Lazarus Chakwera reconnaisse sa défaite aux élections générales du 16 septembre au Malawi, les résultats partiels donnant une nette avance à l’ancien président et chef de l’opposition, Peter Mutharika.
Face à la montée des tensions politiques et aux appels croissants des personnalités nationales, les observateurs avertissent qu’un retard dans la concession par Chakwera de sa défaite face à Mutharika pourrait compromettre la paix et la stabilité démocratique au Malawi.
Les chiffres provisoires publiés par la Commission électorale (MEC) indiquent que Mutharika, représentant du Parti démocrate progressiste, a obtenu environ 66% des votes valides comptabilisés à ce jour.
Chakwera, candidat du Parti du Congrès du Malawi, n’est qu’à 24%, les résultats de quelques districts étant encore en suspens.
Le Conseil des églises du Malawi (MCC) et l’ex-président Bakili Muluzi ont publiquement exhorté Chakwera à accepter les résultats et à féliciter Mutharika.
Le président du MCC, Billy Gamah, a déclaré que les décomptes restants ne permettraient probablement pas d’inverser la tendance, qualifiant une concession de « geste d’homme d’Etat » susceptible de favoriser le calme et la maturité parmi les partisans.
« Nous pensons qu’une reconnaissance anticipée, avant même l’annonce officielle, témoignera de la maturité, favorisera la paix et aidera le pays à progresser sans violence ni tensions inutiles », a déclaré Gamah aux médias locaux.
Muluzi a fait écho à ce sentiment lors d’une interview accordée à la station de radio privée Zodiak, affirmant que Chakwera devrait « laisser le pays aller de l’avant » et lui rappelant qu’« il y a une vie après le Palais présidentiel ».
La Commission électorale centrale (MEC) s’est engagée à la transparence et à l’exactitude de son décompte final, dans un contexte de surveillance accrue suite à l’annulation de la victoire de Mutharika en 2019 pour cause d’irrégularités.
Chakwera a remporté le second tour des élections de 2020, mais sa présidence a été de plus en plus critiquée en raison des difficultés économiques, notamment l’inflation, les pénuries de carburant et les coupures de courant.
Mutharika étant en tête dans 21 des 24 conseils dépouillés, la pression s’accentue pour une transition pacifique.
Les résultats définitifs de l’élection présidentielle sont attendus mercredi, ceux des députés étant attendus pour le 30 septembre et ceux des conseillers locaux dans les deux prochaines semaines.
JN/fss/ac/Sf/APA





