La présidence malgache a dénoncé lundi une tentative de prise de contrôle des médias d’État par un groupe de militaires à Antananarivo, dans un contexte de fortes tensions politiques et de mobilisation populaire. L’incident a conduit au report du discours très attendu du président Andry Rajoelina, initialement prévu à 19h.
Le président de la République de Madagascar, Andry Rajoelina, devait s’adresser à la Nation lundi à 19h (heure locale). Cette allocution intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par d’importantes contestations et une mobilisation populaire sans précédent.
En fin d’après-midi, la présidence a dénoncé une tentative de prise de contrôle des médias publics à Antananarivo par un groupe de militaires. Cet acte a été qualifié de « grave atteinte à l’ordre constitutionnel ».
En réaction, le chef d’état-major des armées, le général Démosthène Pikulas, s’est rendu sur le site pour coordonner l’intervention des forces loyalistes et « prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la situation ».
En raison des négociations en cours, la présidence a annoncé que le discours du président, initialement prévu à 19h, était reporté à 21h30.
Dimanche, une foule importante s’était rassemblée sur la Place du 13 mai, réclamant le départ du président et des réformes institutionnelles. Ce rassemblement a réuni étudiants, artistes, entrepreneurs, membres des forces de sécurité et diaspora autour d’un mot d’ordre commun : « un changement de cap ». Les manifestants exigeaient également un meilleur accès à l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation, ainsi que la libération de camarades détenus.
Dimanche, la manifestation a également vu la présence de hauts gradés militaires, dont le général Pikulas, le général Lylison Roland de René et le colonel Michaël Randrianirina du Capsat (Corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques). Des figures de l’opposition, dont l’ancien président Marc Ravalomanana et l’ex-président du Sénat Rivo Rakotovao, ont également participé au rassemblement.
Le colonel Randrianirina a démenti toute velléité de coup d’État lors d’un entretien accordé à des médias.
« Je ne détiens pas le pouvoir. Le contrôle de l’armée, non, je ne le détiens pas. C’est le chef d’état-major général qui a le contrôle de l’armée », a-t-il déclaré. Il s’est présenté comme un simple « officier exécutant » affirmant que « l’armée a simplement répondu à l’appel du peuple malgache ».
AC/Sf/APA







