Face à la chute du dinar libyen, Naaman Elbouri propose des réformes pour éviter son effondrement, tandis que le Grand Mufti dénonce une gestion défaillante malgré les ressources pétrolières du pays.
Le président de la banque privée libyenne Assaray Trade and Investment Bank (ATIB) et de la société Tadawul Financial Services, Naaman Elbouri, a proposé neuf mesures de réforme pour empêcher l’effondrement de la valeur du dinar libyen.
Ce débat, relancé chaque mois à la publication des données budgétaires de la Banque centrale de Libye (CBL), porte sur la nécessité de restructurer une économie centralisée, rentière et marquée par l’héritage de l’État providence instauré sous le régime de Mouammar Kadhafi jusqu’en 2011.
Il inclut également l’objectif de redresser la valeur du dinar face aux devises étrangères.
La dépréciation du dinar libyen n’inquiète pas uniquement les experts financiers. En février dernier, le Grand Mufti de Libye, Sadeq Al-Ghariani, a publiquement dénoncé la situation, affirmant que « chaque responsable en Libye devrait avoir honte de l’effondrement du dinar, alors que le taux de change atteint près de 7 dinars pour un dollar ».
Il a également souligné le paradoxe d’un pays qui exporte un million et demi de barils de pétrole par jour, avec un budget annuel de 170 milliards de dinars, tout en voyant sa population vivre dans la précarité.
Selon lui, « le citoyen libyen marche humilié, méprisé, échangeant son dinar pour un demi-dinar tunisien, voire moins ».
La dépréciation persistante du dinar reflète les failles structurelles de l’économie libyenne. En l’absence de réforme de fond, la dépendance au pétrole et la mauvaise gouvernance continueront d’éroder le pouvoir d’achat.
SL/Sf/APA






