Au-delà de la production d’électricité, le projet de la centrale nucléaire d’Al-Dabaa ambitionne de renforcer l’indépendance énergétique, d’accélérer l’industrialisation, de soutenir les exportations de gaz et de faire émerger une filière nucléaire
Avec l’installation de la cuve du réacteur de la deuxième unité de la centrale d’Al-Dabaa, l’Égypte franchit une étape décisive dans son programme nucléaire civil. Mené avec le groupe russe Rosatom sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ce projet de 4 800 MW ambitionne de transformer durablement le modèle énergétique égyptien en réduisant la dépendance au gaz naturel, en renforçant la sécurité énergétique et en soutenant l’industrialisation du pays.
L’Égypte poursuit méthodiquement la réalisation de la centrale nucléaire d’Al-Dabaa. Le 9 juillet, le Premier ministre Mostafa Madbouly a assisté à l’installation de la cuve sous pression du réacteur de la deuxième unité, une opération considérée comme l’une des phases les plus importantes du chantier.
Après la mise en place de la cuve de la première unité en novembre dernier, cette nouvelle étape confirme, selon les autorités égyptiennes, le respect du calendrier du projet lancé en 2015 et concrétisé à partir de 2022 avec la participation du groupe russe Rosatom.
Pour le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, la centrale constitue un « accomplissement stratégique » qui place désormais l’Égypte parmi les principaux acteurs africains du nucléaire civil. Il a salué le respect des normes internationales de sûreté nucléaire ainsi que l’engagement du Caire en faveur d’un usage exclusivement pacifique de l’énergie atomique.
Selon l’ancien inspecteur en chef de l’AIEA, Yousry Abushady, l’installation de la cuve marque le passage de la phase de génie civil vers celle de l’installation des équipements nucléaires lourds. Les essais de la première unité devraient débuter en 2028, avant une mise en service progressive des quatre réacteurs d’ici 2030.
Avec une capacité installée de 4 800 mégawatts, la centrale deviendra l’une des plus importantes infrastructures électriques du continent. Selon Ali Abdel-Nabi, ancien vice-président de l’Autorité des centrales nucléaires, cette capacité permettra d’accroître la production d’électricité bas carbone tout en réduisant la forte dépendance de l’Égypte aux combustibles fossiles.
Aujourd’hui, le gaz naturel et le fioul représentent encore plus de 85 % du mix électrique égyptien. Les autorités considèrent ainsi le nucléaire comme un instrument de diversification permettant d’assurer une production stable, continue et indépendante des fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.
Une fois les quatre réacteurs pleinement opérationnels, la centrale devrait produire près de 20 % de l’électricité nationale, soit environ deux fois la capacité du Haut-Barrage d’Assouan, selon Yousry Abushady.
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