L’Éthiopie a de nouveau accusé l’Égypte d’intensifier sa « rhétorique hostile » à l’encontre du Grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD), récemment inauguré sur le Nil.
Dans un communiqué publié lundi, le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a estimé que la politique du Caire, notamment sa « rhétorique hostile » autour du GERD, héritée d’une « mentalité coloniale », remet en cause le droit légitime de l’Éthiopie d’utiliser les ressources du plus long fleuve du monde.
« L’ascension de l’Éthiopie ne saurait être arrêtée malgré les manœuvres, les ingérences et les tentatives mal inspirées de ses adversaires », a affirmé le ministère.
L’Éthiopie, qui fournit 85 % du débit du Nil grâce au fleuve Abbay (Nil Bleu), affirme être engagée sur la voie de la prospérité et refuse toute pression visant à l’empêcher de tirer parti du fleuve pour répondre à ses besoins en eau.
Ces accusations font suite aux déclarations du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, qui a prévenu que l’Égypte « ne restera pas les bras croisés » face à l’attitude jugée « irresponsable » d’Addis-Abeba, et qu’elle prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre ses intérêts et sa sécurité hydrique.
Le président Sissi s’exprimait à l’ouverture de la 8ᵉ édition de la « Cairo Water Week », organisée sous le thème « Solutions innovantes pour la résilience climatique et la durabilité de l’eau ». Il a déclaré que l’Égypte rejette catégoriquement toute action unilatérale sur le Nil, qui ignore les normes internationales, menace les intérêts des peuples du bassin et sape les fondements de la justice et de la stabilité.
En réponse, le ministère éthiopien a réaffirmé que « la montée en puissance de l’Éthiopie en tant que force régionale est une réalité irréversible », dénonçant l’attitude du Caire dans les négociations sur la gestion du barrage.
Le communiqué rappelle que l’Éthiopie et les autres pays riverains du Nil cherchent depuis des décennies une coopération transfrontalière fondée sur le droit international, mais que l’Égypte « n’a jamais négocié de bonne foi », ni lors des discussions trilatérales sur le remplissage et l’exploitation du GERD, ni lors des négociations autour du Cadre de coopération du bassin du Nil (CFA), seul traité à l’échelle du bassin.
« La sécurité hydrique ne peut signifier qu’une utilisation équitable et raisonnable du Nil par tous les États riverains », souligne le ministère, ajoutant que le différend ne pourra être résolu que par un dialogue direct entre les parties concernées.
Le Grand barrage de la renaissance éthiopienne (GERD), le plus grand projet hydroélectrique d’Afrique, sur le Nil Bleu, a été officiellement inauguré le mardi 9 septembre 2025, en présence de plusieurs dirigeants régionaux, malgré les protestations virulentes de l’Égypte et du Soudan, absents lors de la cérémonie. D’un coût de 4,2 milliards de dollars, doté d’une capacité de 74 milliards de mètres cubes d’eau et d’une puissance de 5 150 mégawatts, le GERD devrait réorganiser les rapports de force dans les pays du bassin du Nil, notamment entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan.
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