Le gouvernement de l’Eswatini a confirmé avoir reçu 5,1 millions de dollars de l’administration Trump en échange de l’accueil de personnes expulsées des États-Unis, levant le voile sur un accord migratoire secret qui suscite de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains et de parlementaires.
Le ministre des Finances d’Eswatini, Neal Rijkenberg, a révélé le versement de la somme de 5,1 millions de dollars par les États-Unis, lors d’une séance parlementaire, précisant que son ministère n’avait pas été informé de l’accord avant la réception des fonds.
« On nous a expliqué qu’il s’agissait des expulsés américains après que nous ayons demandé des clarifications », a déclaré Rijkenberg devant les députés.
Cette confirmation intervient après plusieurs mois de controverses autour de l’arrangement, révélé en septembre par Human Rights Watch.
L’organisation affirme avoir obtenu une copie de l’accord, en vertu duquel l’Eswatini acceptait d’accueillir jusqu’à 160 personnes expulsées des États-Unis, en échange d’un financement destiné à renforcer ses capacités en matière de gestion des frontières et des migrations.
À ce jour, le petit royaume d’Afrique australe a déjà reçu deux groupes d’expulsés : cinq en juillet et dix en octobre.
L’accord a provoqué l’indignation des organisations de défense des droits humains, qui accusent la monarchie – dirigée par le roi Mswati III – de « marchander des personnes vulnérables » sous couvert d’aide au développement.
Les critiques pointent également le manque de transparence entourant l’accord, notamment l’exclusion apparente de plusieurs ministères clés du processus de négociation.
Lors de son second mandat, l’administration Trump avait adopté une position particulièrement dure sur l’immigration, cherchant régulièrement à conclure des accords avec des pays tiers pour accueillir des expulsés en échange d’un soutien financier ou de concessions politiques.
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