Le Chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a présidé ce lundi au Palais Toumaï la reprise de la « Réunion du 24 », consacrée au secteur de la santé. Au-delà des questions de couverture vaccinale, c’est la décision de renforcer massivement les ressources humaines du secteur qui retient particulièrement l’attention.
Les échanges ont d’abord porté sur la vaccination, dont la couverture est passée de 41 % en 2017 à 71 % en 2025, avec un objectif fixé à 90 % d’ici 2029. Mais atteindre un tel objectif suppose un système de santé disposant de suffisamment de personnel qualifié sur le terrain, un défi de taille dans un pays où le déficit en agents soignants demeure structurel, particulièrement dans les zones rurales.
C’est dans ce contexte que le Chef de l’État tchadien a instruit le recrutement de 500 paramédicaux, une mesure destinée à combler en partie ce manque criant de personnel soignant qualifié.
Ce recrutement représente une réponse concrète à une double problématique : renforcer la capacité opérationnelle des structures sanitaires du pays, tout en offrant des débouchés professionnels à des centaines de jeunes formés dans les filières paramédicales, souvent confrontés à de longues périodes d’attente avant une insertion dans la fonction publique.
Second volet des instructions présidentielles : l’intégration à la Fonction publique de 226 agents actuellement employés par des partenaires techniques et financiers du secteur de la santé, dont les contrats arrivent à échéance.
Cette décision permet de pérenniser des emplois déjà occupés par des professionnels expérimentés, évitant ainsi qu’ils ne basculent dans la précarité ou le chômage au terme de leur contrat, une situation qui aurait aggravé, paradoxalement, le déficit en personnel soignant au moment même où le pays cherche à le combler.
Ces deux mesures s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par le chômage persistant des jeunes diplômés tchadiens, nombreux à sortir chaque année des écoles de formation sans perspective d’emploi immédiate dans leur domaine.
Pour accompagner ces recrutements, le dirigeant tchadien a également instruit de sécuriser le financement de la vaccination et d’apurer les engagements financiers du pays envers ses partenaires. Des conditions jugées indispensables pour que ces nouvelles ressources humaines puissent être effectivement déployées et maintenues sur le long terme.
CA/ac/APA







