Le vote de l’Algérie en faveur du plan de paix à Gaza met en lumière le délicat équilibre recherché entre son discours traditionnel de solidarité avec les Palestiniens et sa volonté de rester un acteur visible au sein des instances onusiennes.
L’Algérie a voté lundi au Conseil de sécurité de l’ONU en faveur du plan de paix présenté par les États-Unis pour Gaza, une résolution adoptée par 13 membres sur 15. Un choix diplomatique surprenant pour un pays généralement critique vis-à-vis des initiatives américaines au Moyen-Orient.
Lors d’une conférence de presse à Alger, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a tenté de clarifier ce positionnement. Il a reconnu que le plan américain comportait « des lacunes » et « certaines ambiguïtés », tout en admettant que le texte ne répondait pas aux « causes profondes » du conflit palestinien.
Selon Attaf, ce vote s’inscrit dans une logique de « priorité humanitaire » visant à renforcer le cessez-le-feu. Il a affirmé que l’Algérie ne pouvait se dissocier du « consensus arabo-islamique » et de la position des Palestiniens eux-mêmes, un argument jugé défensif par plusieurs observateurs.
Le ministre a expliqué que la résolution se concentre sur la récente agression israélienne et la phase post-conflit, notamment l’acheminement de l’aide humanitaire et le lancement de la reconstruction.
« Nous espérons que cela contribuera à soulager les souffrances du peuple palestinien », a-t-il déclaré.
Dans la région, certains rappellent que d’autres acteurs, notamment le Maroc, privilégient une diplomatie plus structurée et continue. Rabat agit via des mécanismes institutionnels, en particulier le Comité Al-Qods présidé par le Roi Mohammed VI, dont l’action humanitaire et politique est régulièrement saluée au niveau international.
Face à cela, le choix d’Alger apparaît plus réactif que stratégique. Son alignement ponctuel sur un plan américain crée un contraste avec son discours traditionnel anti-occidental, alimentant des interrogations sur la cohérence de sa posture diplomatique.
Ce vote illustre enfin la volonté de l’Algérie de rester visible au sein des instances onusiennes, malgré une ligne souvent fluctuante. À l’inverse, le Maroc continue de mettre en avant une approche pragmatique, stable et orientée vers des solutions durables au profit du peuple palestinien.
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