L’inadéquation des systèmes financiers actuels face aux besoins du continent doit pousser les dirigeants africains à faire preuve de plus d’inventivité pour mobiliser les ressources nécessaires au développement de leurs Etats, a indiqué Claver Gatete.
Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a lancé un appel pressant pour que les systèmes de financement mondiaux s’adaptent aux besoins de développement du continent africain, lors de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4) qui se tient actuellement en Espagne.
S’exprimant lors d’un événement parallèle organisé conjointement par les cinq commissions régionales de l’ONU, M. Gatete a martelé que « les instruments de financement innovants ne sont plus facultatifs. Ils sont essentiels », dénonçant un système actuel qui « continue de limiter l’accès de l’Afrique à des financements abordables, malgré le potentiel d’investissement et les besoins de développement du continent. »
Le responsable onusien a souligné que l’Afrique teste déjà des solutions concrètes, mais que l’architecture financière mondiale doit impérativement évoluer pour accompagner ces initiatives.
La CEA a présenté plusieurs initiatives innovantes déjà en cours de déploiement sur le continent pour combler le déficit de financement croissant. Parmi les projets phares figure un échange dette-nature et industrialisation mené en République démocratique du Congo, qui lie l’allègement de la dette au développement de chaînes de valeur vertes, notamment dans la fabrication de batteries et de véhicules électriques.
L’organisation pilote également la Coalition pour une dette durable, une plateforme coordonnée visant à aider les pays africains à accéder au financement climatique à de meilleures conditions et à accroître les emprunts durables.
Une carte des investissements africains est par ailleurs en cours d’élaboration pour réduire les risques liés aux opportunités d’investissement et orienter les capitaux vers des projets bancables à fort impact.
La confiance, clé du déblocage des financements privés
« Il ne s’agit pas d’idées abstraites, mais d’outils déjà testés sur tout le continent pour aligner l’allègement de la dette, l’action climatique et l’investissement à long terme », a insisté M. Gatete. Il a également mis l’accent sur l’importance des plateformes nationales qui alignent les priorités nationales et améliorent la coordination entre les ministères.
« Débloquer le financement privé ne se résume pas à de bonnes idées. Cela requiert confiance, cohérence et institutions crédibles », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’offrir la transparence nécessaire pour attirer les investissements à long terme.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large menée par les cinq commissions régionales des Nations Unies (CEA, CEE, CEPALC, CESAP et CESAO) pour mettre l’accent sur les solutions régionales aux défis mondiaux du financement du développement.
Leur note d’orientation conjointe « En route vers Séville » présente des propositions dans cinq domaines stratégiques : la mobilisation des ressources nationales, la viabilité de la dette, la gouvernance économique mondiale, la coopération internationale et le financement privé.
ARD/ac/Sf/APA







