L’ONG Media Rights Agenda (MRA) a exhorté lundi les autorités nigérianes à renforcer les institutions démocratiques, protéger l’espace civique, garantir la liberté d’expression et assurer la libre circulation de l’information, à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie.
Dans un communiqué publié à Lagos,Media Rights Agenda (MRA) a rappelé que le thème de l’édition 2025 de la Journée internationale de la démocratie, « Réaliser l’égalité des sexes, action après action », est particulièrement pertinent pour le Nigéria, où les femmes restent marginalisées dans la gouvernance à tous les niveaux.
« L’égalité de genre n’est pas seulement un droit humain fondamental, mais également une condition essentielle pour une démocratie résiliente et inclusive », a souligné l’organisation.
M. John Gbadamosi, chargé de programme de MRA, a insisté sur le fait que la démocratie ne se limite pas aux élections, mais repose sur « une société ouverte où la transparence, la redevabilité, la participation égale et le respect des droits humains sont garantis ».
Il a dénoncé les obstacles persistants rencontrés par les femmes en politique, dans les médias et les institutions, évoquant les inégalités structurelles, les violences basées sur le genre, le harcèlement en ligne et la sous-représentation dans les instances de décision.
MRA a également alerté sur l’étroitesse croissante de l’espace civique, la désinformation, ainsi que les attaques répétées contre les journalistes, estimant que ces dérives compromettent les acquis démocratiques. « La démocratie ne peut prospérer si les citoyens n’ont pas accès à l’information, si la presse est attaquée et si les voix critiques sont réduites au silence », a averti Gbadamosi.
Saluant toutefois les progrès réalisés depuis le retour à un régime civil, il a regretté les « reculs récents », notamment le harcèlement des journalistes, l’intolérance face à la critique et la faible application de la loi sur la liberté d’information (FOI Act) de 2011.
Pour consolider la démocratie, MRA a recommandé la fin des attaques contre la presse, une mise en œuvre effective de la loi FOI, la protection des droits numériques, ainsi que des mesures affirmatives pour accroître la représentation des femmes dans les postes électifs et appointifs.
L’ONG a enfin appelé les citoyens, la société civile, les médias et la communauté internationale à rester vigilants pour défendre les institutions démocratiques au Nigéria, soulignant que « la démocratie doit être entretenue chaque jour par une action collective et le respect des droits fondamentaux ».
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