Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a défendu lundi le bilan des réformes engagées par l’organisation, et appelé à la construction d’une nouvelle architecture sanitaire mondiale, lors de l’ouverture de la 79e Assemblée mondiale de la santé à Genève.
Dans un discours marqué par la volonté de rassurer les États membres face aux turbulences financières qui secouent l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé en préambule avoir déclaré la veille une urgence de santé publique de portée internationale suite à la résurgence d’une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), déjà propagée en Ouganda. Il a également évoqué la gestion récente d’une épidémie de virus Hanta en Espagne.
Abordant la crise financière qui frappe l’organisation, le DG a reconnu que le retrait brutal de l’aide américaine avait contraint l’OMS à réduire ses programmes et à procéder à d’importantes suppressions de postes. Il a toutefois affirmé que l’organisation avait désormais « atteint une position de stabilité » et se projetait vers l’avenir « avec détermination et confiance ».
Pour l’exercice budgétaire en cours, Tedros a indiqué que 90% du budget de base était financé, tout en reconnaissant que les 10% restants seraient difficiles à mobiliser dans le contexte actuel.
Le patron de l’OMS a mis en avant trois chantiers de transformation engagés depuis neuf ans. Sur le plan scientifique, l’organisation a créé une division scientifique unifiée, ouvert l’Académie OMS à Lyon — qui propose désormais plus de 400 cours en 23 langues à plus de 120 000 apprenants — et établi un Hub mondial des données de santé adossé à l’intelligence artificielle.
Au sujet des urgences sanitaires, il a rappelé les acquis post-Covid-19 : création du Hub OMS pour l’intelligence épidémique à Berlin, mise en place du mécanisme COVAX, lancement d’un Hub de transfert de technologie ARNm au Cap (Afrique du Sud) désormais actif dans 15 pays, et adoption du premier Accord mondial sur les pandémies lors de la précédente Assemblée.
La réforme la plus structurelle concerne toutefois le modèle de financement. Tedros a rappelé qu’en 2022, les États membres avaient approuvé un plan visant à porter les contributions obligatoires de 20% à 50% du budget de base, en cinq tranches. Les deux premières ont déjà été versées, les trois suivantes étant prévues en 2027, 2029 et 2031. « Si les deux premières tranches n’avaient pas eu lieu, l’impact des coupes de l’an dernier aurait été bien plus sévère », a-t-il souligné.
Plaidant pour une rénovation en profondeur de l’architecture sanitaire mondiale, qu’il a qualifiée de « de plus en plus encombrée, complexe et fragmentée », Tedros a annoncé que l’Assemblée examinerait une proposition de processus conjoint de réforme piloté par les États membres et hébergé par l’OMS.
Le DG a également salué l’initiative Accra Reset du président ghanéen John Mahama, affirmant que son message résonnait bien au-delà du continent africain. « Tout pays veut l’équité. Tout pays veut la souveraineté », a-t-il déclaré, avant de conclure sur une note d’espoir empruntée au Premier ministre malaisien : « Malaysia boleh — la Malaisie peut. Tous les pays peuvent. »
AC/Sf/APA






