À la veille de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président du Front Populaire Ivoirien (FPI, opposition), Pascal Affi N’Guessan, a adressé un message fort à la nation. Le leader politique invite à une introspection lucide, appelant le chef de l’Etat à l’apaisement.
Pour Pascal Affi N’Guessan, l’indépendance dépasse les symboles que sont le drapeau ou l’hymne national. Elle doit se traduire par la liberté de décision, la justice sociale et l’égalité des chances. Or, le constat dressé par le président du FPI, à la veille du 66 ème anniversaire de l’indépendance reste sévère : « notre démocratie demeure inachevée ».
Face à ce qu’il qualifie de « conquête permanente », le président du FPI estime que l’indépendance requiert des institutions fortes, une justice indépendante et une vraie réconciliation. C’est pourquoi il lance un appel direct et solennel au chef de l’État.
Pour décrisper l’atmosphère nationale et stopper la confrontation permanente, Affi souhaite la libération des détenus politiques arrêtés lors des tensions passées ainsi que l’ouverture d’un dialogue franc à travers une table ronde inclusive avec toutes les forces politiques et sociales.
En plaidant pour une réorientation des priorités économiques, le président du FPI invite le gouvernement à accentuer la lutte contre la vie chère, à soutenir l’entrepreneuriat national et à garantir une meilleure redistribution des richesses issues de la croissance.
Il pointe du doigt les tensions récurrentes lors des échéances électorales, le manque d’impartialité perçu des institutions et l’effritement des libertés publiques. Selon lui, les crises successives ont laissé des fractures et une méfiance mutuelle qui freinent le développement durable de la Nation.
De plus, il déplore le fait que la Côte d’Ivoire reste soumise à de fortes influences extérieures dans des secteurs stratégiques tels que l’économie, la diplomatie ou le domaine militaire. Il pointe le « grand échec » de l’indépendance économique et la vie chère.
Le volet économique constitue, selon le leader de l’opposition, le point noir de ces soixante-six années de souveraineté. L’économie ivoirienne repose toujours sur l’exportation de matières premières brutes (cacao, café, cajou, hévéa) au détriment de l’industrialisation locale.
Affi N’Guessan dénonce également un manque de patriotisme économique, soulignant que les secteurs clés restent dominés par des groupes étrangers tandis que les entrepreneurs locaux manquent de financements. Cette situation alimente un chômage de masse chez les jeunes.
Il met en contraste les bons indicateurs macroéconomiques du pays avec la réalité quotidienne des ménages, durement touchés par la hausse du coût de la vie (alimentation, logement, transport, électricité).
AP/Sf/APA







