Le directeur général de l’Institut nigérian des affaires internationales (NIIA), le professeur Eghosa Osaghae, a plaidé pour un réajustement de la répartition des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les États fédérés, estimant que la centralisation et le fédéralisme peuvent coexister.
S’exprimant lors de la première Conférence annuelle sur le fédéralisme organisée par le Centre d’études sur le fédéralisme et la démocratie de l’Université du Bénin (UNIBEN), le Pr nigérian Eghosa Osaghae a souligné que les systèmes fédéraux doivent constamment adapter l’équilibre des compétences entre le centre et les entités fédérées pour préserver leur stabilité.
Selon lui, les évolutions mondiales liées à la sécurité, à l’économie, aux migrations, au changement climatique, aux conflits et aux mutations technologiques ont renforcé le rôle des gouvernements centraux dans de nombreux pays.
« Les systèmes fédéraux ne sont pas à l’abri des forces de centralisation et la centralisation n’est pas incompatible avec le fédéralisme », a-t-il déclaré, ajoutant que l’autorité du gouvernement central dépendait de l’évolution des rapports de force au sein de la fédération.
Pour le responsable du NIIA, le fédéralisme repose sur un équilibre entre centralisation et « non-centralisation », cette dernière garantissant les prérogatives constitutionnelles des États membres.
Il a expliqué que le Nigéria relevait d’un modèle « désagrégatif », dans lequel un État initialement centralisé transfère progressivement certaines compétences à des entités autonomes, rendant les débats sur la répartition des pouvoirs permanents.
Le Pr Osaghae a rappelé qu’avant l’intervention militaire de 1966, le Nigéria disposait d’un système fédéral dominé par les régions, qui bénéficiaient d’une large autonomie. Il a notamment évoqué l’existence de représentations régionales à l’étranger, illustrant l’importance de leurs compétences à cette époque.
Selon lui, l’administration militaire a ensuite transformé cette architecture en une fédération davantage centrée sur l’État fédéral, avec une concentration accrue des pouvoirs à Abuja.
De son côté, le vice-chancelier de l’UNIBEN, le professeur Edoba Omoregie, a souligné que la création du Centre d’études sur le fédéralisme et la démocratie visait à renforcer la recherche et le dialogue sur les questions de gouvernance, de constitutionnalisme, de démocratie et de consolidation de la paix.
Le centre entend servir de plateforme de réflexion et de production de solutions face aux défis institutionnels du Nigeria.
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