L’exode croissant des médecins égyptiens reflète une crise plus profonde du système de santé égyptien, entre judiciarisation de la pratique médicale, précarité professionnelle et absence de réformes structurelles capables de freiner cette hémorragie.
La hausse continue du nombre de médecins égyptiens quittant le pays s’inscrit dans une dynamique profonde, révélatrice de tensions structurelles au sein du système de santé.
C’est ce qu’a souligné le professeur Mohamed Abou El-Ghar, médecin et intellectuel, lors d’un entretien avec la politologue Rabab El Mahdi dans le cadre du podcast « El-Hall Eih ».
Selon lui, la récente adoption du premier cadre législatif encadrant la responsabilité médicale en Égypte n’a fait qu’amplifier les inquiétudes parmi les praticiens.
Le texte,approuvé fin mars 2025 par le Parlement, vise à encadrer la pratique médicale en équilibrant la protection des soignants et celle des patients.
Mais la perspective d’une judiciarisation accrue de l’exercice médical semble accentuer le sentiment d’insécurité professionnelle.
Abou El-Ghar estime que ces évolutions ne peuvent être isolées d’un contexte plus large, marqué par des conditions de travail difficiles, une rémunération insuffisante et une faible reconnaissance institutionnelle.
La législation, même révisée, ne suffirait pas à enrayer un phénomène alimenté par des déséquilibres durables.
Ce climat favorise un exode vers des systèmes de santé perçus comme plus stables, en particulier dans les pays du Golfe ou en Europe.
La persistance de cette fuite des compétences interroge sur la capacité des autorités à proposer une réforme globale du secteur, susceptible de rétablir la confiance et d’assurer la rétention des professionnels de santé à long terme.
SL/ac/Sf/APA






