Le Bénin a déclenché une phase de préalerte sanitaire après la confirmation d’un cas importé de maladie à virus Ebola au Nigéria, pays voisin. Cette décision intervient alors que plusieurs pays africains renforcent leur surveillance face à la circulation de la souche Bundibugyo, à l’origine d’une épidémie en République démocratique du Congo (RDC).
Le ministre béninois de la Santé, Benjamin Hounkpatin, s’est rendu mercredi à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou afin d’évaluer les mesures de détection précoce d’éventuels cas parmi les voyageurs.
Le dispositif comprend des caméras thermiques installées dans le hall des arrivées et des salles d’isolement destinées à accueillir les cas suspects avant leur transfert vers des structures de prise en charge adaptées. Des aménagements supplémentaires sont également prévus dans le nouveau hall de l’aéroport en construction.
Le ministère de la Santé a par ailleurs activé les commissions techniques de la plateforme multisectorielle « One Health » pour coordonner la surveillance épidémiologique, la prise en charge d’éventuels cas et la préparation de la riposte avec les ministères concernés et les partenaires techniques et financiers.
Les autorités béninoises appellent la population à respecter les mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement de tout contact avec les liquides biologiques d’une personne malade ou décédée et la non-manipulation d’animaux sauvages trouvés malades ou morts. En cas de symptômes évocateurs, en particulier après un séjour dans un pays touché ou un contact avec une personne malade au cours des 21 derniers jours, elles recommandent de consulter rapidement un centre de santé.
La décision de Cotonou intervient après la confirmation, le 20 octobre à Abuja, d’un cas importé chez une femme récemment arrivée d’Ouganda. Le ministre nigérian de la Santé, Muhammad Pate, a indiqué que la patiente était isolée et recevait des soins. Quarante-quatre contacts avaient été identifiés et faisaient l’objet d’un suivi.
Une épidémie qui s’étend dans la région
Le Nigeria est le dernier pays en date à avoir signalé un cas lié à l’épidémie de maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo, déclarée en République démocratique du Congo (RDC) en mai 2026. Le Kenya a confirmé un premier cas importé le 6 octobre, concernant un ressortissant qui avait séjourné en RDC, avant de décéder à Nairobi.
Le 18 octobre, le Kenya a annoncé quatre nouvelles infections, portant à sept le nombre de cas recensés dans le pays. Trois des personnes infectées étaient des professionnels de santé ayant soigné le premier patient, tandis que la quatrième était un proche de celui-ci. Les autorités avaient identifié 130 contacts potentiels, dont 128 avaient été retrouvés et placés sous surveillance.
En RDC, l’épidémie continue de peser lourdement sur le système sanitaire. Selon un bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays comptabilisait alors 9 066 cas confirmés, dont 4 381 décès, dans sept provinces et 65 zones de santé. Les opérations de riposte se poursuivaient, notamment avec le renforcement des capacités de prise en charge et l’acheminement de matériel médical supplémentaire.
La maladie à virus Ebola se transmet principalement par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée, vivante ou décédée, ainsi qu’avec des objets contaminés. La souche Bundibugyo est à l’origine de l’épidémie en cours en RDC et des cas signalés dans plusieurs autres pays. La confirmation d’infections importées au Kenya et au Nigéria a conduit les autorités sanitaires de la région à renforcer le dépistage, le suivi des contacts et les dispositifs de préparation aux urgences sanitaires.
AC/Sf/APA





