L’Egypte a catégoriquement rejeté, mercredi 21 octobre, la ratification par la Chambre des représentants libyens d’un mémorandum d’entente signé en 2019 entre Fayez Al-Sarraj et la Turquie concernant la délimitation maritime en Méditerranée.
Le Parlement libyen basé dans l’Est du pays a ratifié mardi, six ans après l’avoir rejeté, un accord de délimitation maritime en Méditerranée signé par Tripoli et la Turquie, signe d’un réchauffement entre l’Est libyen et Ankara.
Le Parlement a également voté, à l’unanimité, l’abrogation de la décision datant de 2020 par laquelle il avait refusé de ratifier les textes signés entre Tripoli et Ankara, invoquant à l’époque une atteinte à la souveraineté nationale. La délimitation maritime en Méditerranée régit les frontières de 22 États riverains sur une superficie de 2,5 millions de km².
« Cet accord est nul et non avenu, et sa validation par la Chambre des représentants libyens n’entraîne aucun effet juridique pour l’Egypte », souligne un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères.
« Ce mémorandum d’entente contredit les principes du droit international de la mer et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 relative à la délimitation de la zone économique exclusive (ZEE) et du plateau continental, qui reposent sur les principes d’équité et de justice », ajoute le communiqué.
« Ce protocole porte clairement atteinte aux droits souverains de l’Egypte, sur sa zone économique exclusive et son plateau continental », précise le ministère égyptien.
« L’Egypte se réserve le droit de protéger ses droits garantis par le droit international et de parer à toute tentative qui y porterait atteinte », note encore le communiqué.
La Grèce a considéré mardi cet accord comme une démarche « parlementaire unilatérale dénuée de tout fondement » alors que la commission européenne a estimé qu’il « porte atteinte aux droits souverains d’Etats tiers », qu’il « n’est pas conforme au droit de la mer, « il est nul et non avenu »
Israël, pays proche d’Athènes comme de Nicosie, et dont les relations avec la Turquie sont exécrables depuis le début en 2023 de la guerre à Gaza, a « fermement » condamné le vote du Parlement libyen.
« Malheureusement, nous assistons une fois de plus aux efforts de la Turquie pour déstabiliser la zone de la Méditerranée orientale », a réagi le ministère israélien des Affaires étrangères dans un message publié sur X.
AK/APA





