Le gouvernement malien assure la continuité des approvisionnements en carburant malgré une attaque terroriste majeure survenue dimanche 14 septembre dans la région de Kayes, soulignant les enjeux stratégiques de l’axe Bamako-Kayes pour l’économie nationale et régionale.
Le Premier ministre malien, général Abdoulaye Maïga, a reçu mardi 16 septembre 2025 les représentants du Groupement malien des professionnels du pétrole pour une audience consacrée à l’état des approvisionnements en hydrocarbures dans un contexte sécuritaire dégradé. Cette rencontre, relayée sur les comptes officiels du gouvernemen fait suite aux récentes attaques visant les corridors d’approvisionnement du pays.
Engagement du secteur privé et réponse gouvernementale
Ibrahim Touré, secrétaire permanent du groupement, a réaffirmé l’engagement patriotique des opérateurs pétroliers : « En tant que Maliens, nous devons continuer à approvisionner notre pays, mais avec l’appui de l’État ». Il a exprimé la volonté du secteur de collaborer étroitement avec les autorités pour surmonter les défis sécuritaires actuels. Cette audience visait également à recueillir les orientations du Premier ministre suite aux dommages subis lors de la récente attaque d’un convoi de carburant sous escorte militaire.
Entouré de ministres sectoriels, le Premier ministre a annoncé la mise en œuvre de mesures d’ampleur pour améliorer substantiellement la protection des voies d’approvisionnement. Il a souligné que la satisfaction des besoins énergétiques de la population constitue une priorité absolue pour le Président de la Transition, le général Assimi Goïta. Évoquant l’attaque récente, Abdoulaye Maïga a déclaré : « Cet événement est profondément regrettable. Chaque perte humaine de nos compatriotes sur le terrain constitue un drame ». Il a appelé à la résilience, à une sensibilisation accrue et au respect strict des directives des forces de défense et de sécurité.
Escalade sécuritaire sur l’axe stratégique
L’attaque ciblant le convoi de carburant a eu lieu dimanche 14 septembre 2025, entre les localités de Lakamané et Kaniera sur l’axe stratégique Kayes-Bamako. Malgré l’escorte militaire, plusieurs camions-citernes ont été détruits, comme le montrent les images diffusées sur les réseaux sociaux. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche locale d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a revendiqué cette opération. Dans son communiqué du 14 septembre, l’état-major malien a confirmé l’attaque, annoncé le lancement immédiat d’opérations de ratissage et appelé les populations à la vigilance.
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte d’escalade sécuritaire malgré les efforts des autorités. Le 10 septembre, un convoi de camions-citernes avait pu circuler sans encombre sous escorte militaire, une réussite saluée par la Direction de la communication des armées (Dirpa). Les forces maliennes ont multiplié les opérations dans la région : une frappe aérienne menée le 9 septembre à Mousafa, près de Dioumara, aurait neutralisé plusieurs dizaines de combattants, tandis qu’une mission de reconnaissance à Lambatara s’est soldée par l’arrestation de quatre suspects.
Le colonel-major Souleymane Dembélé, porte-parole militaire, a alerté sur l’évolution tactique des groupes armés, qui utilisent désormais des drones, des engins explosifs improvisés et mènent des attaques spécifiquement conçues pour paralyser la circulation sur l’axe vital Bamako-Kayes.
L’axe Bamako-Kayes représente un corridor économique majeur pour le Mali et la sous-région. Les perturbations répétées des flux d’hydrocarbures compromettent l’approvisionnement des populations et fragilisent l’économie nationale. Les statistiques de 2024 révèlent que le Mali a importé pour plus de 802 milliards de francs CFA de marchandises du Sénégal, illustrant l’importance cruciale de ces liaisons commerciales.
Le Premier ministre malien a exhorté les opérateurs à faire preuve de résilience et d’anticipation, tout en garantissant que l’État déploiera tous les moyens nécessaires pour assurer la protection des convois et la continuité des approvisionnements énergétiques du pays.
AC/Sf/APA






