Les partis algériens Jil Jadid, PT et RCD exigent le gel du texte de la loi minière, et accusent le gouvernement de brader les intérêts nationaux sous couvert d’attractivité économique.
L’adoption expéditive de la nouvelle loi minière en Algérie suscite une vive levée de boucliers dans les rangs de l’opposition. Trois formations politiques – Jil Jadid, le Parti des travailleurs (PT) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) – ont publié un communiqué commun pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « dénationalisation brutale » d’un secteur stratégique. Ce texte, voté le 8 juillet par le Conseil de la Nation avec une majorité écrasante (124 voix sur 127), est perçu comme une manœuvre autoritaire visant à ouvrir largement le secteur minier aux capitaux étrangers.
Dans leur déclaration, les trois partis accusent le gouvernement d’avoir légiféré par la force, sans consultation ni débat national. Ils expriment leur « profonde inquiétude » quant à la suppression de la règle 49/51 – qui limitait jusque-là la participation étrangère à 49% – et qui ouvre désormais la voie à une prise de contrôle étrangère pouvant atteindre 80% dans les projets miniers. « Il s’agit d’un abandon de souveraineté économique », dénoncent-ils, en évoquant une privatisation « pure et simple » des ressources naturelles.
Les signataires rappellent que l’Algérie dispose d’une diversité minière exceptionnelle, allant des terres rares aux métaux précieux, ce qui attise les convoitises des multinationales. Or, soulignent-ils, l’histoire mondiale des industries extractives montre que ces grandes entreprises privilégient le profit à court terme au détriment des normes environnementales, de la protection des ressources hydriques et de la santé publique.
Les opposants critiquent également le timing de cette réforme, estimant qu’elle est injustifiée dans le contexte économique actuel. « L’Algérie ne souffre pas d’endettement extérieur ni de dépendance à une aide internationale, elle dispose de marges de manœuvre budgétaires qui lui confèrent une indépendance décisionnelle », affirment-ils. Pour eux, cette ouverture précipitée à l’investissement étranger n’est donc pas une nécessité, mais un choix politique contestable.
Ils fustigent l’absence de garanties dans le texte adopté, notamment le retrait du droit de préemption de l’État, pourtant essentiel pour préserver la maîtrise publique en cas de dérive. En l’absence de ces garde-fous, les trois partis craignent que la nouvelle législation expose les ressources minières nationales à une exploitation incontrôlée.
MK/ac/Sf/APA






