La commémoration du 51e anniversaire de la Marche verte a été l’occasion, vendredi 6 novembre 2026 à Dakar, de mettre en perspective l’héritage historique de cette mobilisation populaire et son prolongement dans la démarche diplomatique du Maroc sur la question du Sahara. Lors de la cérémonie organisée à l’ambassade du Royaume au Sénégal, l’ambassadeur Hassan Naciri et l’analyste Abdoul Latif Aidara ont notamment évoqué la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies et l’initiative marocaine d’autonomie.
La célébration, organisée aussi bien au Maroc que dans ses représentations diplomatiques à travers le monde, a réuni à Dakar des représentants des institutions sénégalaises, du corps diplomatique, des autorités religieuses, de la société civile et des opérateurs économiques marocains.
Dans son allocution, Hassan Naciri a rappelé que la Marche verte constituait « l’un des événements fondateurs de l’histoire contemporaine du Royaume du Maroc ». Portée en 1975 par le roi Hassan II et la mobilisation populaire, elle avait consacré, selon lui, « une démarche pacifique à l’idéal d’unité nationale et une détermination collective à parachever l’intégrité territoriale du Royaume ».
Pour le diplomate, la portée de cet événement dépasse la seule mémoire historique.
« Son esprit continue d’inspirer le Maroc aujourd’hui et d’orienter son action », a-t-il déclaré, évoquant les réformes, la modernisation des infrastructures, les grands projets structurants et le renforcement de la protection sociale engagés sous la conduite du roi Mohammed VI.
Abordant la question du Sahara, l’ambassadeur a affirmé qu’elle « demeure au cœur de cette unité et d’un consensus profond autour de l’intégrité territoriale du Royaume ». Il a également mis en avant le développement des provinces du Sud, présenté comme un moyen de conjuguer la consolidation de l’intégrité territoriale avec l’ouverture de nouvelles perspectives économiques et sociales.
Hassan Naciri a particulièrement insisté sur la portée de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025. Il a estimé que ce texte avait marqué « une nouvelle étape du processus politique relatif au Sahara marocain », en retenant l’initiative marocaine d’autonomie comme base de négociation.
« Le 31 octobre et le 6 novembre que nous célébrons aujourd’hui se répondent par leurs significations », a-t-il souligné. Selon lui, la première date renvoie à une évolution diplomatique majeure, tandis que la seconde perpétue la mémoire d’une mobilisation pacifique qui a profondément marqué l’histoire du Royaume.
Intervenant au cours de la cérémonie, Abdoul Latif Aidara, du Centre africain d’intelligence stratégique, a consacré son exposé à la dimension juridique et diplomatique de l’initiative marocaine d’autonomie.
« L’autonomie sous souveraineté marocaine constitue-t-elle une forme légitime d’exercice du droit à l’autodétermination ? », s’est-il interrogé, estimant que ces deux notions, souvent présentées comme contradictoires dans les débats sur le Sahara, pouvaient être complémentaires.
« L’autodétermination est la fin, l’autonomie est le contenu », a-t-il résumé, en référence à la résolution 2797, qu’il considère comme un tournant dans le processus politique.
L’analyste a également évoqué les blocages qui ont marqué les tentatives successives de règlement de la question du Sahara aux Nations unies. Revenant sur les divergences au Conseil de sécurité autour du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), il a fait état d’un double veto sur des projets concurrents.
« Une mission créée en 1991 pour organiser un référendum disparaît sans aucun référendum », a-t-il observé, estimant que les difficultés rencontrées par le mécanisme onusien rendaient nécessaire la poursuite des négociations sur de nouvelles bases.
Abdoul Latif Aidara a, par ailleurs, défendu le plan marocain d’autonomie, rappelant qu’il avait été présenté en 2007 après plusieurs consultations. Il a notamment insisté sur la nécessité d’une autonomie substantielle, d’une consultation crédible des populations concernées et d’un processus de réconciliation.
Il a identifié trois piliers devant, selon lui, soutenir une solution durable : « La souveraineté du Royaume du Maroc, l’autogouvernement des populations et leur adhésion librement exprimée ».
« Aucun de ces trois piliers ne tient seul. C’est ensemble qu’il faut porter une paix qui dure », a-t-il conclu.
Cette commémoration avait également une résonance particulière au Sénégal, dix ans après le discours prononcé à Dakar par le roi Mohammed VI, le 6 novembre 2016, à l’occasion du 41e anniversaire de la Marche verte.
« Ce choix témoignait de la place singulière du Sénégal dans le cœur de Sa Majesté le roi Mohammed VI », a rappelé Hassan Naciri, saluant le soutien constant des autorités sénégalaises à l’intégrité territoriale du Maroc. Il a également évoqué la profondeur des relations entre les deux pays, rappelant les propos du souverain selon lesquels les peuples marocain et sénégalais constituent « un seul peuple », chacun représentant « le prolongement naturel de l’autre ».
Organisée le 6 novembre 1975 à l’initiative du roi Hassan II, la Marche verte avait mobilisé environ 350 000 Marocains, munis du Coran et du drapeau national, dans une mobilisation pacifique vers le Sahara alors sous administration espagnole. Elle demeure un événement majeur de la mémoire nationale marocaine.
AC/Sf/APA





