La marine libyenne a rejeté, samedi, les accusations selon lesquelles des garde-côtes auraient tiré sur des embarcations transportant des migrants irréguliers en Méditerranée.
Selon des déclarations rapportées par l’agence italienne Nova, un officier de la marine libyenne, sous couvert d’anonymat, a dénoncé une « campagne de désinformation » visant à ternir l’image du pays. « Ces organisations adoptent des positions biaisées et s’appuient sur des sources peu fiables », a-t-il affirmé, ajoutant qu’aucune preuve concluante n’établit la responsabilité des garde-côtes dans des actes hostiles envers les migrants.
L’officier a reconnu que des incidents isolés pouvaient survenir, mais a précisé qu’il s’agissait de comportements individuels ne reflétant ni la politique de l’État libyen ni celle de ses institutions militaires. Il a reproché aux médias internationaux de « se concentrer sélectivement sur ces faits », tout en négligeant les opérations de sauvetage menées quotidiennement par les garde-côtes « dans des conditions difficiles et avec des moyens limités ».
Le responsable militaire a rappelé que les garde-côtes libyens constituent une unité de la marine relevant du ministère de la Défense, chargée de la surveillance maritime, de la lutte contre la contrebande et contre l’immigration clandestine. La Direction générale de la sécurité côtière, pour sa part, dépend du ministère de l’Intérieur et gère la sécurité portuaire et la criminalité maritime. Il a souligné que la confusion entre ces deux structures « induit en erreur l’opinion publique et nuit à la réputation du pays ».
La source militaire a également accusé l’Union européenne d’exercer « une pression croissante et injuste » sur la Libye concernant la gestion migratoire.
« La Libye n’est pas le problème, mais une victime d’un système régional déséquilibré », a-t-il déclaré, rappelant que le pays fait face à un afflux massif de migrants malgré ses capacités limitées et une situation politique fragile.
Il a estimé que les causes profondes de la crise migratoire résident dans les pays d’origine, affectés par « la pauvreté, la corruption et l’instabilité », et a déploré que l’Europe se limite « à des critiques récurrentes sans solutions concrètes ».
L’officier a enfin appelé la communauté internationale à promouvoir « une coopération sérieuse et équilibrée » entre l’Union européenne, la Libye et les pays d’origine, afin de parvenir à des solutions durables. Il a averti que « faire de la Libye un bouc émissaire ne fera qu’aggraver la crise et compromettre la stabilité régionale ».
MK/Sf/APA







