Un changement de paradigme s’est opéré au niveau de l’Union africaine ( UA)vis-à-vis des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le nouveau Chef de la Mission de l’Union africaine (UA) pour le Sahel (MISAHEL), Dr Mamadou Tangara, a été reçu en audience ce lundi 9 février 2026 par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Cette rencontre de prise de contact a servi de cadre pour annoncer un changement de paradigme de l’organisation panafricaine vis-à-vis des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Accompagné de la ministre déléguée chargée de la Coopération régionale, Madame Bêbgnagnan Stella Eldine Kabré/Kaboré, le chef de la diplomatie burkinabè a longuement échangé avec son hôte sur les défis sécuritaires et politiques de la sous-région. Au cœur des discussions : la volonté de l’Union africaine (UA) de réinitialiser ses relations avec Ouagadougou, Bamako et Niamey.
Dr Mamadou Tangara a d’emblée exprimé le souhait de la nouvelle équipe de la MISAHEL de rompre avec les méthodes passées. Il a ainsi partagé l’intention de l’UA d’adopter une « nouvelle approche » privilégiant l’implication directe des pays de l’AES dans les processus de dialogue.
« On a un devoir de solidarité, on est obligé de travailler ensemble, puisque nos destins sont inextricablement liés », a martelé le diplomate, soulignant l’urgence d’une action commune pour juguler les crises sahéliennes.
L’émissaire de l’UA a également tenu à saluer le travail de communication et de clarification entrepris par les ministres des Affaires étrangères de l’espace AES pour porter la vision de leurs chefs d’État respectifs auprès des populations africaines.
Le Burkina exige un « discours sincère »
De son côté, SEM Karamoko Jean Marie Traoré a accueilli cette démarche avec une franchise diplomatique. Tout en expliquant les motivations profondes ayant conduit à la création de la Confédération AES, il n’a pas manqué de fustiger les « stéréotypes » et les sanctions imposées par l’UA aux pays membres de cette alliance.
Pour le ministre burkinabè, la normalisation des rapports passe nécessairement par une introspection de l’institution panafricaine. Il a exhorté les dirigeants de l’Union à travailler à la réhabilitation de l’image de l’organisation à travers un « discours sincère et véridique », loin des pressions extérieures ou des positions jugées contre-productives par les populations du Sahel.
Cette visite du Chef de la MISAHEL à Ouagadougou marque une étape importante dans la recherche d’un terrain d’entente entre l’Union africaine et le bloc sahélien, alors que la région reste confrontée à des enjeux existentiels de sécurité et de souveraineté.
Ho/Sf/APA





