Réunis autour de TREPP 2026, dans la capitale sénégalaise, décideurs et experts africains plaident pour un recours accru à l’évaluation des politiques publiques afin de renforcer l’intégration régionale, dans un contexte de critiques croissantes contre les organisations communautaires.
La cinquième édition de la Table ronde régionale sur l’efficacité des politiques publiques (TREPP 2026) s’est ouverte mercredi à Dakar, avec pour ambition de renforcer le rôle des données probantes dans la dynamique d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest et du Centre, ont indiqué les organisateurs.
Placée sous le thème « Des données probantes pour l’intégration régionale : preuves locales, impact régional », cette rencontre, initiée par le Centre africain d’études supérieures en gestion, réunit une centaine de décideurs, experts, chercheurs et partenaires techniques autour des enjeux d’évaluation des politiques publiques.
Dans un contexte marqué par des critiques croissantes à l’égard des organisations régionales telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ( Cédéao), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ou encore la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ( Cemac), les participants entendent promouvoir une approche fondée sur des preuves afin de rapprocher les politiques régionales des réalités locales.
« L’intégration africaine ne peut produire des résultats durables que si elle est comprise, appropriée et évaluée à l’aune de ses impacts concrets sur les populations », a souligné la directrice générale du CESAG, la professeure Rosaline Dado Worou Houndekon, à l’ouverture des travaux.
Selon elle, l’évaluation doit être perçue comme un outil stratégique permettant d’éclairer la décision publique, de renforcer la confiance entre citoyens et institutions et d’améliorer l’efficacité des politiques d’intégration.
Les discussions porteront notamment sur l’état des lieux de l’utilisation des données probantes dans les grands agendas continentaux, tels que l’Agenda 2063 et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ainsi que sur les expériences d’évaluation ayant contribué – ou non – à renforcer les processus d’intégration.
Les organisateurs mettent en garde contre une « triple menace » pesant sur l’intégration régionale : l’affaiblissement des identités panafricaines, les risques de désintégration de certains blocs régionaux et la montée de politiques publiques influencées par le populisme au détriment des données factuelles.
Face à ces défis, la TREPP 2026 ambitionne de déboucher sur une feuille de route visant à renforcer les dispositifs de suivi-évaluation au sein des institutions régionales, ainsi que sur la mise en place d’une coalition de partenaires engagés dans la promotion d’une culture évaluative en Afrique.
Prévue jusqu’au 10 avril, la rencontre se tient en format hybride et bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires internationaux, dont l’Agence française de développement ( AFD), l’UNICEF, la Banque africaine de développement ( BAD) et l’Initiative internationale pour l’évaluation d’impact.
Créé par les États ouest-africains et placé sous la tutelle de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, le CESAG se positionne depuis plus de quarante ans comme un acteur clé de la formation et du renforcement des capacités en matière de gouvernance et d’intégration régionale.
AC/Sf/APA







