Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a annoncé dimanche la remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de six militaires maliens blessés, quelques jours après la libération de 82 soldats, dont certains étaient détenus depuis les attaques coordonnées du 25 avril.
Selon un communiqué du bureau exécutif du FLA signé par son porte-parole, Mohamed Elmouloud Ramadane, les six militaires, faits prisonniers lors d’affrontements avec les Forces armées maliennes, ont été confiés à une mission du CICR. Le mouvement affirme que leur évacuation de Kidal a été assurée par voie aérienne à bord d’un hélicoptère de l’organisation.
Dans son propre communiqué, le CICR confirme avoir facilité, le 16 août, le transfert médical de six « personnes blessées » du Centre de santé de référence de Kidal vers l’hôpital de Gao. Fidèle à son principe de neutralité, l’organisation humanitaire ne précise pas leur appartenance militaire, cette qualification provenant du FLA.
Le FLA affirme que cette remise a été effectuée « conformément aux principes islamiques relatifs à la préservation de la dignité humaine » et aux dispositions du droit international humanitaire. Le CICR précise que l’opération s’est déroulée en toute transparence, après l’obtention de garanties de sécurité auprès de toutes les parties au conflit.
« Notre rôle d’intermédiaire neutre constitue un aspect fondamental de notre mandat », a expliqué Nicolas Lambert, chef de la délégation du CICR au Mali. Les blessés doivent recevoir à Gao les soins complémentaires nécessaires à leur rétablissement avant de retrouver leurs familles.
Cette opération intervient après l’annonce, jeudi 13 août, par l’état-major général des armées, de la remise en liberté de 82 militaires maliens. Certains avaient été capturés pendant l’offensive coordonnée du 25 avril, tandis que d’autres provenaient de combats ultérieurs dans le nord.
L’armée avait indiqué que les soldats, désormais « en sécurité », étaient pris en charge par les services compétents, sans préciser les conditions de leur libération.
Selon les annonces de l’armée et du FLA, ces deux opérations portent à 88 le nombre de militaires maliens sortis de captivité en quatre jours. Les modalités ayant conduit à la libération du premier groupe restent peu documentées, le FLA ayant présenté sa décision comme un geste humanitaire.
Le FLA avait par ailleurs diffusé, le 31 juillet, une vidéo présentant plus de 200 membres des forces maliennes détenus. Le mouvement affirmait que ces prisonniers comprenaient notamment des militaires capturés lors des combats du 25 avril et d’autres faits prisonniers en juillet autour d’Anéfis. Le nombre exact de soldats encore détenus reste à établir.
Le CICR rappelle que le droit international humanitaire impose de traiter les blessés et les détenus avec humanité et de garantir leur sécurité et leur dignité pendant les transferts.
L’organisation soutient actuellement une vingtaine de centres de santé communautaire, les hôpitaux de Gao et de Mopti ainsi que plusieurs centres de santé de référence. Près de 70 000 personnes ont été prises en charge entre janvier et juin 2026 dans les structures sanitaires bénéficiant de cet appui.
Le CICR entend poursuivre son dialogue bilatéral et confidentiel avec toutes les parties afin de faciliter d’autres opérations strictement humanitaires en faveur des personnes blessées ou détenues.
MD/ac/APA







