Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Al-Menfi, a demandé au Premier ministre Abdelhamid Dbeibah de clarifier officiellement la position de son gouvernement après les déclarations controversées du ministre Walid Al-Lafi, qualifiant les autorités de l’est et de l’ouest du pays de «pouvoirs de fait».
Dans un message publié sur le réseau social X, Mohamed Al-Menfi a estimé que les propos du ministre d’État à la Communication et aux Affaires politiques, Walid Al-Lafi, dépassaient le cadre d’une simple opinion personnelle. Selon lui, la reconnaissance, par un membre du gouvernement, du caractère de «pouvoir de fait» de l’autorité exécutive pose directement la question de sa légitimité et des fondements juridiques et politiques sur lesquels elle continue d’exercer ses prérogatives.
Le président du Conseil présidentiel a jugé contradictoire qu’une autorité issue d’un accord politique puisse ensuite remettre en cause le cadre ayant permis son installation. Il a rappelé que l’exécutif unifié avait été constitué pour représenter l’ensemble du territoire libyen et non pour devenir l’instrument d’un camp ou gouverner selon une logique de domination et d’imposition du fait accompli.
Al-Menfi a ainsi appelé Abdelhamid Dbeibah à préciser publiquement si les déclarations d’Al-Lafi reflètent la position officielle du Gouvernement d’union nationale ou relèvent d’une appréciation individuelle. Il a également annoncé que le Conseil présidentiel soumettrait cette question, «dans toutes ses dimensions», aux institutions nationales compétentes.
Le dirigeant libyen a averti que la situation politique actuelle ne permettait ni ambiguïté dans les engagements ni coexistence de positions contradictoires au sein d’un même exécutif. Il a assuré qu’il agirait conformément aux intérêts du pays, tout en maintenant ouvertes les différentes «options nationales et institutionnelles» à la disposition du Conseil présidentiel.
La polémique trouve son origine dans les déclarations de Walid Al-Lafi concernant les discussions du comité restreint dit «4+4». Le ministre avait présenté cette réunion comme une négociation directe entre les «autorités de fait» établies dans l’est et l’ouest de la Libye.
Al-Lafi avait expliqué que ce format devait contraindre les principaux acteurs à assumer directement leurs responsabilités, au lieu de s’abriter derrière d’autres instances pour ralentir ou bloquer le processus politique.
L’intervention d’Al-Menfi révèle toutefois les tensions croissantes entre les institutions censées diriger la transition. Elle intervient alors que la Libye reste divisée entre administrations rivales et que les efforts visant à unifier les institutions, organiser des élections nationales et mettre fin à la longue période de transition demeurent dans l’impasse.
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