À moins de trois mois du scrutin du 28 novembre en Algérie, l’Autorité électorale multiplie les réunions et les contrôles administratifs, sans lever les incertitudes entourant la transparence du processus et la participation politique.
L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a examiné vendredi l’état d’avancement des préparatifs des élections locales prévues le 28 novembre 2026 en Algérie. Présidée par Saad Arrous, la réunion du Conseil de l’Autorité a notamment porté sur la révision exceptionnelle des listes électorales, la distribution des documents électoraux et le retrait des dossiers de candidature dans les wilayas.
Le président de l’Anie a chargé la commission juridique de traiter les préoccupations et les demandes d’éclaircissement transmises à l’instance, notamment par les partis politiques. Cette mobilisation est présentée comme un moyen d’accompagner les candidats et de garantir le respect des procédures. Elle laisse toutefois apparaître la persistance de zones d’ombre juridiques à l’approche du scrutin, alors que les formations politiques devraient déjà disposer de règles claires et stabilisées.
Le Conseil a également étudié la situation des coordinateurs de wilaya après leur installation et leur prestation de serment. Des commissions spéciales, présidées par des membres de l’Anie, doivent suivre les différentes phases de préparation. Mais le communiqué ne précise ni leurs pouvoirs de contrôle, ni les mécanismes permettant aux partis et aux candidats de contester rapidement les décisions administratives susceptibles d’affecter leur participation.
Saad Arrous avait auparavant effectué une visite qualifiée d’«inopinée» à l’Imprimerie officielle afin de contrôler la production des formulaires et des documents électoraux. Accompagné de responsables de l’Anie, il s’était déclaré satisfait du rythme d’impression et de distribution vers les wilayas. Cette opération témoigne d’une progression logistique, mais ne constitue pas, à elle seule, une garantie de crédibilité électorale.
L’instance ne fournit notamment aucun élément détaillé sur l’état réel des listes, le nombre d’inscriptions nouvelles, les radiations, les modalités de publication des données ou les recours ouverts aux électeurs. Aucun calendrier précis n’est davantage communiqué concernant l’examen des candidatures, l’accréditation des observateurs ou l’accès équitable des forces politiques à la campagne.
À mesure que l’échéance se rapproche, l’Anie met ainsi en avant la disponibilité du matériel et l’installation de ses structures territoriales. L’essentiel du défi se situe pourtant ailleurs: convaincre que le scrutin ne se limitera pas à une opération administrative maîtrisée, mais qu’il offrira une compétition ouverte, des voies de recours effectives et des résultats vérifiables. Sur ces aspects déterminants, les dernières annonces demeurent largement silencieuses.
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