L’ensemble des administrations ivoiriennes s’est rassemblé, les 3 et 4 septembre 2026, à Abidjan pour participer à l’atelier national de priorisation des services publics numériques. Ce rendez-vous stratégique a permis de hiérarchiser les démarches à dématérialiser et de concevoir des infrastructures technologiques communes.
Le projet de numérisation de l’administration en Côte d’Ivoire vise à coordonner 700 services publics en trois ans, marquant un tournant décisif dans la modernisation de l’État. L’atelier national de priorisation des services publics numériques s’est ouvert ce jeudi 3 septembre 2026.
Lors de l’ouverture de l’Atelier national « DPI » le ministre Djibril Ouattara a réaffirmé sa volonté de digitaliser 700 services publics pour simplifier le quotidien des citoyens ivoiriens, déclarant notamment : « Nous devons digitaliser 700 services parce que nos concitoyens ont besoin de ces services-là au quotidien. »
Pendant deux jours, plus de 50 institutions étatiques, réunissant hauts fonctionnaires, ingénieurs et partenaires financiers, se sont rassemblées pour poser les bases de la feuille de route nationale DPI. L’objectif de cette rencontre stratégique était de répondre à une question cruciale : par quels services publics la Côte d’Ivoire doit-elle prioritairement amorcer sa transformation numérique ?
Porté par le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique et la Société nationale de développement informatique (SNDI), sous l’égide du ministère de la Fonction publique, il marque une étape clé de la modernisation de l’administration ivoirienne.
Le pays n’aborde pas ce chantier à partir d’une page blanche. Télé-procédures fiscales et douanières, guichets uniques, registre national des personnes physiques adossé à un identifiant unique : de nombreux services sont déjà dématérialisés.
Une administration au service du citoyen

Représentant la ministre d’État chargée de la Fonction publique, son directeur de cabinet adjoint a rappelé cette exigence d’une administration « centrée sur le citoyen », plus simple, plus rapide et plus digne.
Une orientation que le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, a inscrite dans une feuille de route 2026-2028 structurée autour de sept piliers, dont la transformation de l’administration au service de l’usager constitue l’axe majeur.
L’enjeu n’est pas de multiplier les plateformes, souligne le ministre, pour qui il est mieux d’organiser, de connecter et de réutiliser ce que nous avons déjà. La donnée, a-t-il insisté, est le socle de cette efficacité administrative et de l’innovation.
Pour garantir la cohérence de l’ensemble, le gouvernement met en place une gouvernance structurée : un comité stratégique présidé par le premier ministre, chargé de valider les grands projets et les dépenses numériques, appuyé par un comité interministériel permanent.
Ce dispositif vise à coordonner les initiatives, à éviter les doublons et à optimiser l’usage des ressources publiques, la conduite des projets demeurant du ressort de chaque ministère. Dans cette architecture, la SNDI, opérateur informatique de l’État depuis 1999, est appelée à jouer pleinement son rôle de bras opérationnel de la transformation numérique.
Plutôt que de créer de nouvelles agences, le choix est fait de consolider les instruments existants, une conviction portée par son directeur général, Nongolougo Soro, pour qui « la valeur naît de la connexion » des systèmes.
Trois fondations communes

Les travaux convergent vers trois fondations communes. Une identité numérique unique, socle de l’accès à l’ensemble des services ; une couche d’interopérabilité permettant aux administrations d’échanger leurs données de façon fluide et sécurisée ; et un inventaire complet des infrastructures publiques existantes, lancé avec l’appui de la Banque mondiale.
Ces infrastructures, comparées aux routes et aux ponts, ont vocation à être bâties une seule fois et mises à la disposition de tous les ministères. La référence estonienne, citée tout au long de l’atelier, illustre cette trajectoire : en trois décennies, ce pays a construit l’un des États les plus numérisés au monde grâce à une plateforme d’échange décentralisée et à une identité numérique généralisée.
L’ambition est clairement affichée : atteindre 700 services numériques coordonnés et à fort impact dans les trois prochaines années, et une administration « zéro papier » à l’horizon 2030. À l’issue de ces deux journées, la Côte d’Ivoire disposera d’un premier portefeuille prioritaire d’une centaine de services et des orientations de sa feuille de route nationale des infrastructures publiques numériques.
Un appel à la mobilisation a été lancé à l’ensemble des acteurs (administrations, partenaires techniques et financiers) pour rejoindre cette dynamique collective et faire de la Côte d’Ivoire une référence de la transformation numérique en Afrique.
AP/Sf/APA







