L’introduction en Eswatini d’un traitement entièrement oral de six mois contre la tuberculose multirésistante (TB-MR) montre des résultats encourageants, constituant un tournant pour un pays fortement touché par cette maladie.
Le protocole BPaL(M), recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2022 et adopté par l’Eswatini en 2023, remplace l’ancien traitement de 18 mois, qui combinait plusieurs médicaments oraux et injectables. Selon les professionnels de santé, ce traitement plus court contre la tuberculose, et sans injections, facilite l’adhésion des patients et améliore leurs chances de guérison.
« Ce traitement oral plus court est préférable car il supprime les injections quotidiennes douloureuses, qui pouvaient prolonger la durée du traitement jusqu’à 18 mois selon la réponse du patient », explique Majaha Mtshali, référente tuberculose à l’hôpital de Piggs Peak.
Pour Babazile Ngwenya, 40 ans, résidente de Manzini, le nouveau protocole a été décisif. Après avoir abandonné son traitement en 2012, elle avait développé une TB-MR et passé sept mois hospitalisée sans guérison. Retombée malade en 2024, elle a suivi le traitement BPaL(M) pendant six mois et a été guérie.
L’Eswatini a enregistré des progrès notables : en 2022, 86 % des patients atteints de TB-MR ont été traités avec succès, et la mortalité due à la tuberculose a diminué de 60 % entre 2015 et 2024. Toutefois, l’OMS indique qu’en 2024, 54 % des personnes atteintes de TB-MR n’étaient toujours pas diagnostiquées ni traitées, soulignant le besoin de dépistage élargi et de systèmes de suivi plus efficaces.
Avec une incidence estimée à 319 cas pour 100 000 habitants en 2024, dont 13 cas de TB-MR, l’Eswatini reste l’un des 30 pays les plus touchés par la tuberculose, une situation aggravée par la prévalence élevée du VIH et l’émergence de souches résistantes aux médicaments.
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