La République centrafricaine (RCA) a vacciné plus de 41 000 personnes contre Ebola dans le cadre d’une campagne préventive menée de janvier à avril 2026, une initiative destinée à renforcer la protection des professionnels de santé et la capacité du pays à faire face à une éventuelle introduction du virus.
Face au risque épidémique persistant dans la sous-région, les autorités centrafricaines, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de ses partenaires, ont déployé une campagne dans les 35 districts sanitaires répartis dans les sept régions sanitaires du pays, ayant touché jusqu’à 41 000 personnes.
Au total, 52 010 doses du vaccin ERVEBO® ont été mises à disposition. La campagne a permis de vacciner 41 442 personnes appartenant aux groupes prioritaires, soit une couverture nationale de 83,9 %. Parmi les bénéficiaires figurent notamment 28 935 professionnels de santé et intervenants de première ligne, particulièrement exposés en cas d’épidémie.
« Nous sommes exposés à un double risque : celui d’une épidémie importée et celui d’une épidémie survenant à l’intérieur de nos frontières », a expliqué le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somse, justifiant le choix d’une stratégie de vaccination préventive.
Une menace régionale
Aucun cas d’Ebola n’a été enregistré à ce jour en République centrafricaine. Toutefois, le pays reste particulièrement attentif à l’évolution de la situation sanitaire régionale, notamment en raison de sa longue frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), qui a connu plusieurs épisodes épidémiques au cours des dernières années.
La maladie à virus Ebola est une infection grave pouvant être transmise par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou de certains animaux porteurs du virus. Une apparition de cas peut rapidement mettre sous pression les structures sanitaires et avoir des conséquences importantes pour les communautés.
Dans ce contexte, les autorités centrafricaines privilégient une approche anticipative visant à protéger en premier lieu les personnels susceptibles d’être en première ligne lors d’une éventuelle flambée.
Au-delà de la vaccination
L’opération ne s’est pas limitée à l’administration des vaccins. Elle a également permis de renforcer les capacités du système de santé centrafricain à travers la formation des personnels, l’amélioration du suivi des données, la sensibilisation des communautés et le renforcement de la coordination entre les différents acteurs.
Selon le Dr Alhassane Touré, responsable de l’introduction de nouveaux vaccins au bureau de l’OMS en RCA, cette expérience démontre l’intérêt d’agir avant l’apparition d’une urgence.
« En protégeant les professionnels de santé et les autres groupes prioritaires, tout en renforçant la préparation du système de santé, elle aide le pays à mieux faire face à une éventuelle menace liée à Ebola », a-t-il souligné.
La campagne a également mis l’accent sur la confiance des populations. Des activités d’information et de sensibilisation ont été conduites dans plusieurs localités afin de répondre aux interrogations des communautés et de favoriser leur adhésion à la vaccination.
Pour Pinda Astrid, agente de santé communautaire à la formation sanitaire de Bangui 1, la vaccination constitue désormais une protection supplémentaire dans l’exercice de ses fonctions.
« Elle me permet d’exercer mon travail avec plus de confiance, tout en contribuant à protéger les personnes que j’accompagne au quotidien », témoigne-t-elle.
De son côté, Yamba Jordan, relais communautaire dans le quartier Lakouanga 6 à Bangui, affirme avoir initialement hésité avant de finalement accepter la vaccination après les explications fournies par les équipes sanitaires.
Au-delà des 41 442 personnes vaccinées, les autorités et leurs partenaires estiment que la campagne a permis de consolider les mécanismes de surveillance et de réponse, ainsi que les relations entre les services de santé et les communautés.
Pour la RCA, ces acquis constituent une capacité supplémentaire pour faire face non seulement à une éventuelle menace liée à Ebola, mais également à d’autres urgences sanitaires susceptibles de survenir dans le pays.
TE/Sf/APA







