L’ancien maire de Bamako, Adama Sangaré, et huit coaccusés comparaissent dans une affaire portant sur l’attribution de terrains situés dans la zone de l’aéroport international de la capitale. Le préjudice financier provisoire estimé dans le dossier dépasse 400 millions de FCFA.
Le procès d’Adama Sangaré, ancien maire du district de Bamako, s’est poursuivi cette semaine devant la chambre criminelle du Pôle national économique et financier, avec des confrontations entre les accusés et l’audition de témoins.
Adama Sangaré et huit autres personnes sont poursuivis dans une affaire liée à des opérations de morcellement et d’attribution de terrains dans la zone de l’aéroport international de Bamako-Sénou. Ils répondent notamment d’accusations de faux, d’usage de faux, d’atteinte aux biens publics et de complicité, qu’ils contestent.
Selon les éléments de l’instruction rapportés par l’Agence malienne de presse, plusieurs décisions de régularisation foncière prises entre 2016 et 2018 auraient concerné des parcelles situées dans une emprise classée dans le domaine public immobilier de l’État depuis 1999. La procédure porte sur plusieurs milliers de parcelles.
Foncier
Le préjudice financier provisoire estimé dans le dossier s’élève à 483,964 millions de FCFA. À ce montant s’ajoute un volet de 49,39 millions de FCFA correspondant à des frais d’édilité que l’accusation estime avoir été gérés de manière irrégulière.
Adama Sangaré rejette les accusations. L’ancien édile affirme notamment que les registres dont disposait la mairie ne mentionnaient pas l’appartenance des terrains concernés à l’emprise aéroportuaire. Il soutient également que certaines zones étaient répertoriées comme des concessions rurales.
Lors des confrontations, deux coaccusées ont déclaré qu’elles ignoraient initialement que leurs terrains se trouvaient dans la zone aéroportuaire. Les auditions de témoins ont ensuite débuté.
La défense avait auparavant demandé l’arrêt de la procédure, en invoquant notamment une précédente décision de la Cour suprême. La chambre criminelle a rejeté ces exceptions et ordonné la poursuite du procès.
Le Pôle national économique et financier est une juridiction spécialisée à compétence nationale, chargée de la poursuite, de l’instruction et du jugement des infractions économiques et financières au Mali. Il comprend notamment un parquet financier, des cabinets d’instruction spécialisés ainsi que des chambres correctionnelles et criminelles.
MD/te/APA





