L’opposition démocratique tchadienne appelle à l’arrêt immédiat des hostilités à Miski, dans la province du Tibesti, et à l’ouverture d’un dialogue entre les différentes parties.
Dans un communiqué conjoint publié mardi à N’Djamena, elle exprime sa « profonde préoccupation » face à la recrudescence des tensions et des violences dans cette localité du nord du pays.
Présentant ses condoléances aux familles des victimes et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, l’opposition réaffirme son attachement à la protection de la vie humaine, à la dignité des citoyens et à l’intégrité territoriale du Tchad.
Pour les signataires du communiqué, la crise de Miski doit être replacée dans le contexte des tensions persistantes autour de l’exploitation des ressources extractives et des revendications des populations locales en matière d’inclusion et d’équité.
L’opposition rappelle également que l’accord de paix signé le 20 avril 2025 entre le gouvernement et le Comité d’autodéfense de Miski constitue, selon elle, une reconnaissance de fait de cette organisation. Elle souligne que le vice-Premier ministre a lui-même reconnu l’absence de l’État dans cette partie du territoire, estimant que les engagements pris dans le cadre de cet accord doivent être respectés par toutes les parties.
Sur la question des ressources naturelles, les formations politiques signataires soutiennent que leur exploitation doit obéir aux principes de transparence, de légalité, d’équité et de justice sociale. Elles condamnent toutes les formes de violence, quelle qu’en soit l’origine, et mettent en garde contre toute expédition punitive collective.
Le communiqué insiste également sur la nécessité de fournir des informations crédibles et transparentes sur la situation à Miski. Selon l’opposition, le manque de communication officielle favorise la propagation des rumeurs et les risques de tensions à caractère ethnique.
Face à cette situation, les signataires demandent l’arrêt immédiat des affrontements et de toute action susceptible de mettre davantage en danger les populations civiles. Ils préconisent une concertation urgente réunissant les différents acteurs concernés autour de la gouvernance des ressources naturelles et de la gestion de la diversité.
L’opposition souhaite par ailleurs que le Cadre permanent de dialogue politique (CPDP) soit étroitement associé aux mécanismes de médiation. Elle appelle également les citoyens au calme et à la vigilance, tout en les exhortant à rejeter les discours de haine ethnique.
Les autorités sont, quant à elles, invitées à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, ainsi que la justice plutôt que l’arbitraire.
« Le dialogue n’est pas un signe de faiblesse », conclut le communiqué, signé par le chef de file de l’opposition, Pahimi Padacké Albert, et plusieurs présidents de formations politiques.
CA/te/APA





