Cette nouvelle instruction intervient alors que le chef de l’État avait déjà fixé, le 4 octobre, un objectif particulièrement ambitieux : achever l’ensemble du projet avant la fin de 2028. Derrière l’annonce volontariste, l’Algérie s’engage dans une course contre la montre pour concrétiser une infrastructure de plusieurs centaines de kilomètres, traversant des territoires désertiques aux contraintes techniques et logistiques considérables.
L’ambition affichée est de prolonger le réseau ferroviaire vers le Grand Sud, de faciliter les déplacements et de soutenir les échanges économiques. Mais l’écart entre les annonces présidentielles et la réalité d’un chantier de cette ampleur demeure préoccupant. La construction d’une ligne dans le Sahara suppose des moyens humains et matériels considérables, une logistique adaptée aux distances, ainsi que des infrastructures capables de résister à des conditions climatiques extrêmes.
L’instruction de démarrage immédiat ne règle, à elle seule, ni les difficultés d’approvisionnement, ni les contraintes de financement, ni la question du rythme réel d’avancement des travaux. Le calendrier de 2028 apparaît ainsi comme un objectif politique davantage que comme une échéance dont la faisabilité est publiquement établie.
Le projet s’inscrit dans le prolongement du corridor ferroviaire transsaharien, dont le premier tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa bénéficie du soutien de la Banque africaine de développement (BAD). En mai 2026, l’institution avait présenté sa contribution à cette section comme son plus important projet en Algérie. Un engagement financier qui souligne l’ampleur de l’investissement, mais ne garantit pas pour autant la réalisation rapide de l’ensemble de la liaison jusqu’à Tamanrasset. Le passage d’un tronçon soutenu par un partenaire financier à un corridor opérationnel sur toute sa longueur exige une continuité des financements, une coordination des travaux et une capacité d’exécution que les annonces officielles ne permettent pas encore d’évaluer.
Au-delà du transport, les autorités algériennes présentent cette ligne comme un instrument de désenclavement, de développement agro-industriel et d’intégration continentale. L’argument est séduisant, mais les retombées économiques ne découleront pas mécaniquement de la pose des rails.
MK/AK/APA





