Le sénateur Edwin Sifuna a affirmé jeudi demeurer le secrétaire général légitimement élu de l’Orange Democratic Movement (ODM), au lendemain de l’annonce de son éviction et de son remplacement par Catherine Omanyo par la direction du parti.
La décision de remplacement du secrétaire général Edwin Sifuna intervient dans un contexte de tensions internes au sein de l’ODM, liées notamment aux débats sur la stratégie politique du parti en vue de la prochaine présidentielle, rapporte le Daily Nation.
Lors d’une conférence de presse à Nairobi, M. Sifuna a qualifié son limogeage d’« illégal » et « inconstitutionnel », soutenant qu’aucune procédure disciplinaire régulière n’avait été engagée contre lui. « À aucun moment on ne m’a informé d’un quelconque acte d’indiscipline ni invité à me défendre devant un organe compétent du parti », a-t-il déclaré.
Le sénateur a affirmé n’avoir reçu aucune notification formelle relative à des plaintes internes ou externes susceptibles de justifier son remplacement. Selon lui, la décision viole la Constitution de l’ODM ainsi que les principes de justice naturelle.
M. Sifuna estime que son éviction serait liée à sa position critique face à toute tentative de soutien à une éventuelle réélection du président William Ruto. Il soutient que son opposition à un tel rapprochement constitue son seul « tort » au sein du parti.
« Ce pays ne peut se permettre cinq années supplémentaires de cette aventure que je considère coûteuse et divisive », a-t-il affirmé, réitérant son refus de voir l’ODM s’aligner sur le chef de l’État.
En poste depuis près de neuf ans, Edwin Sifuna se présente comme le secrétaire général ayant servi le plus longtemps dans l’histoire du parti. Il a salué l’héritage politique de Raila Odinga, figure historique de l’ODM, affirmant avoir toujours agi dans la fidélité aux idéaux du mouvement.
Le sénateur était entouré, lors de sa déclaration à Nairobi, de plusieurs responsables de l’ODM opposés à la nouvelle orientation du parti, dont le gouverneur de Siaya James Orengo, la députée EALA Winnie Odinga et le député de Embakasi East Babu Owino, traduisant l’ampleur des dissensions internes.
RNK/Sf/APA







