La Gambie bénéficie d’un projet de renforcement des capacités en matière d’enquêtes criminalistiques, d’un montant de 930 000 dollars financé par les États-Unis sur une période de 24 mois, a indiqué mercredi l’ambassade américaine à Banjul.
Le programme gambien de renforcement des capacités en matière d’enquêtes criminalistiques, financé par les États-Unis, sera mis en œuvre par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en partenariat avec le ministère gambien de la Justice et des organisations de la société civile.
Le chargé d’affaires américain Robert Anderson a souligné le soutien de Washington aux efforts de la Gambie visant à rendre justice aux victimes et à leurs familles et à établir les responsabilités concernant les crimes qui auraient été commis durant les 22 années de pouvoir de l’ancien président Yahya Jammeh.
« Les États-Unis sont fiers de soutenir la Gambie dans le renforcement de ses capacités à rendre justice, à établir les faits et à apporter des réponses aux familles qui attendent depuis si longtemps », a-t-il déclaré.
Le projet s’appuiera sur les conclusions de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) concernant les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires commises entre 1994 et 2017.
Il soutiendra le mécanisme spécial de reddition de comptes mis en place par la Gambie, notamment le Bureau du procureur spécial, la Chambre criminelle spéciale de la Haute Cour et le futur tribunal spécial soutenu par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Le programme vise à combler les lacunes du pays dans les domaines de la criminalistique et de la justice pénale et à contribuer à la modernisation du système judiciaire.
Dans ce cadre, les États-Unis financeront la formation d’agents chargés de l’application de la loi et d’experts gambiens en criminalistique, qui pourront à leur tour transmettre leurs compétences à d’autres professionnels au cours des deux prochaines années.
Le projet prévoit également la modernisation des infrastructures et des équipements de criminalistique, notamment à travers la mise en place de laboratoires dédiés à l’analyse ADN, à la toxicologie et à la criminalistique numérique.
Il aidera par ailleurs le ministère de la Justice à constituer une équipe gambienne d’experts en criminalistique, qui travaillera avec un spécialiste régional de référence afin d’identifier des restes humains et de déterminer les causes de décès.
Des procédures opérationnelles normalisées, des protocoles et des manuels de formation encadreront les enquêtes criminalistiques, la gestion des éléments de preuve et le traitement des scènes de crime.
Ces outils doivent également renforcer la coordination entre la police gambienne, les ministères de la Santé et de la Justice, le Bureau du procureur spécial et les organisations de la société civile partenaires, notamment le Réseau africain contre les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées (ANEKED) et le Centre gambien pour les victimes de violations des droits de l’homme.
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