Jean Gervais Tcheidé, vice-président exécutif et Commissaire général du Pacte social du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a présenté ce jeudi 9 juillet 2026 les grandes lignes du contrat social élaboré par l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo.
Ce projet de société du PPA-CI, l’un des principaux partis de l’opposition ivoirienne, s’articule autour de réformes scolaires majeures, de la défense du pluralisme politique et d’une lutte implacable contre la corruption.
Le Pacte social appelle à renforcer l’expertise des structures de formation et d’apprentissage en vue de la création d’une main-d’œuvre de qualité, ainsi qu’à adapter la politique d’éducation-formation et d’insertion professionnelle aux besoins de l’économie.
Il prévoit la réalisation de stages d’immersion des jeunes dès le cycle secondaire et le développement du statut de l’étudiant-entrepreneur dans toutes les universités. Cela implique de remplacer les stages de fin d’études par des projets de création d’entreprise, tout en accordant un aménagement du temps de travail et un accompagnement académique.
Au cœur du concept d’école gratuite et obligatoire défendu par le PPA-CI, Laurent Gbagbo propose une mesure forte : la suppression du caractère obligatoire de l’uniforme scolaire. Pour lui, l’uniforme scolaire est un « obstacle à l’égalité des chances »
Rappelant qu’il l’avait déjà interdit durant son mandat présidentiel, l’ancien chef de l’État estime que l’achat de la tenue reste un frein financier majeur pour de nombreuses familles, tant en milieu rural qu’urbain.
Tout en laissant la liberté à ceux qui le souhaitent de continuer à le porter, le Pacte social ambitionne de lever cet obstacle économique afin d’éviter que des enfants ne soient privés d’éducation faute de moyens financiers de leurs parents.
Par la voix de son commissaire général, Laurent Gbagbo s’est alarmé de ce qu’il qualifie de « démolition méthodique du parler pluriel » en Côte d’Ivoire, dénonçant un retour insidieux aux pratiques de parti unique d’avant 1990.
Il a vivement critiqué l’arrestation de jeunes ces derniers mois, affirmant que ces vagues de détention instaurent un climat de peur. « Le débat pluriel est le socle d’une démocratie véritable. Celui qui accède au pouvoir par les armes ne peut jamais être un démocrate », a martelé le leader de l’opposition, exprimant son rêve d’une Côte d’Ivoire sans prisonniers d’opinion.
Pour garantir une meilleure justice sociale, le document exhorte à une refonte de l’appareil étatique. Si le Pacte social salue les efforts récents de digitalisation et d’ajustements salariaux des fonctionnaires, il pointe du doigt de graves dysfonctionnements persistants.
Le PPA-CI dénonce « l’opacité des marchés publics, la fraude aux concours administratifs et le détournement de deniers publics ». Pour y remédier, Laurent Gbagbo réclame que la corruption soit sévèrement réprimée, insistant sur le fait que personne ne doit être protégé par le pouvoir, « pas même le président de la République ou ses proches ».
« La cherté de la vie s’explique en partie par le poids de la dette à rembourser. Lorsque j’ai accédé au pouvoir en 2000, j’ai hérité d’une dette d’environ 8 000 milliards de francs CFA. En quittant le pouvoir en 2011, grâce à l’initiative PPTE, j’ai réussi à la réduire à 2 000 milliards de francs CFA », a-t-il rappelé.
« Le niveau de la dette actuelle est alarmant : la Côte d’Ivoire doit plus de 33 159 milliards de francs CFA. On peut se demander : pourquoi travaillons-nous ? Pourquoi nous endettons-nous ? », s’est-il interrogé.
AP/APA







