L’Égypte et sept autres pays arabes et musulmans ont condamné jeudi la loi israélienne instaurant la peine de mort pour certains auteurs d’attaques, dénonçant une mesure « discriminatoire » visant, selon eux, les prisonniers palestiniens et susceptible d’aggraver les tensions régionales.
Les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie, du Pakistan, de la Turquie, de l’Arabie saoudite et du Qatar ont condamné « dans les termes les plus fermes » l’adoption par la Knesset d’une législation autorisant la peine capitale, notamment en Cisjordanie occupée.
Dans un communiqué conjoint publié par le ministère égyptien des Affaires étrangères, les huit pays ont qualifié cette loi d’« escalade dangereuse », en particulier en raison de son application jugée discriminatoire « à l’encontre des prisonniers palestiniens ». Selon eux, cette mesure est « susceptible d’alimenter les tensions et de compromettre la stabilité régionale ».
Les chefs de la diplomatie ont également dénoncé des mesures israéliennes qui, d’après leur déclaration, consacrent « un système d’apartheid » et reposent sur « un discours d’exclusion niant les droits inaliénables du peuple palestinien ainsi que son existence sur le territoire palestinien occupé ».
Ils ont par ailleurs exprimé leur « profonde inquiétude » concernant la situation des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, faisant état de rapports évoquant des actes de torture, des traitements cruels, inhumains et dégradants, ainsi que des privations de nourriture et d’autres violations des droits fondamentaux.
Adoptée le 30 mars par le Parlement israélien, la loi prévoit la peine de mort pour certains auteurs d’attaques meurtrières. Pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée, elle établit la peine capitale comme sanction par défaut lorsque l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne.
L’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) a annoncé avoir saisi en urgence la Cour suprême afin de demander l’annulation du texte, qu’elle considère comme « inconstitutionnel » et « discriminatoire par nature ».
La législation a également été critiquée par le Conseil de l’Europe et plusieurs capitales européennes, dont Berlin, Londres, Paris et Rome. Les huit pays signataires ont appelé la communauté internationale à intensifier ses efforts pour préserver la stabilité régionale et éviter une nouvelle détérioration de la situation.
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