Les principaux acteurs du secteur pétrolier nigérian plaident pour une utilisation partagée des infrastructures offshore afin de réduire les coûts, accélérer le développement des projets et renforcer l’attractivité du Nigéria pour les investisseurs.
Réunis mercredi à Abuja, à l’occasion de la NOG Energy Week 2026, les dirigeants de la Nigerian National Petroleum Company Ltd (NNPCL), d’ExxonMobil et de Nigeria Agip Exploration (NAE) ont estimé qu’une coopération renforcée entre opérateurs constitue un levier essentiel pour relancer les investissements dans les hydrocarbures en eaux profondes.
Lors de la table ronde stratégique intitulée « Maximiser les investissements offshore : réussir dans un contexte énergétique complexe », les intervenants ont souligné que les réformes engagées ces dernières années ont restauré la confiance des investisseurs. Ils ont toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de réduction des coûts et de renforcer les synergies entre compagnies afin d’accélérer la mise en œuvre des nouveaux projets.
Le vice-président exécutif chargé de l’amont à la NNPCL, Udy Nnadi, a indiqué que les opérateurs privilégient désormais le partage des infrastructures et la coordination de l’exécution des projets plutôt que des développements isolés.
Selon lui, cette approche permet notamment de mutualiser les unités flottantes de production, de stockage et de déchargement (FPSO), les installations offshore, les infrastructures sous-marines ainsi que les campagnes d’exploration et de développement.
« Le principal facteur de réussite des entreprises aujourd’hui, c’est le coût. Nous devons réduire nos coûts tout en continuant à maximiser la valeur », a-t-il déclaré.
M. Nnadi a ajouté que la NNPCL encourage le développement de projets en grappes et des campagnes offshore coordonnées afin de permettre aux opérateurs de partager les ressources et les infrastructures lorsque cela est pertinent.
De son côté, le président-directeur général d’ExxonMobil Affiliates au Nigéria, Jagir Baxi, a estimé que le secteur nigérian des eaux profondes connaît un regain de confiance des investisseurs, même si les coûts demeurent élevés par rapport à d’autres destinations.
Il a mis en avant le développement de la base logistique permanente d’ExxonMobil dans la zone franche de LADOL, destinée à améliorer les opérations offshore, à optimiser la logistique et à servir plusieurs opérateurs. Ce projet bénéficie notamment de l’appui de la Commission nigériane de réglementation du secteur pétrolier en amont (NUPRC) et du Conseil nigérian de développement et de surveillance du contenu local (NCDMB).
Selon M. Baxi, une plus grande flexibilité contractuelle permet également de redéployer plateformes et équipements d’un projet à l’autre, améliorant leur taux d’utilisation et réduisant les coûts.
« Le véritable succès sera atteint lorsque ces opportunités deviendront courantes et que le Nigéria sera compétitif à l’échelle mondiale en termes de coûts et d’exécution », a-t-il affirmé.
Le directeur général adjoint de Nigeria Agip Exploration Limited, Richard Oruanzi, a pour sa part souligné que l’utilisation commune des infrastructures existantes, plutôt que la duplication des investissements, pourrait améliorer sensiblement la rentabilité des projets offshore et rendre davantage de développements en eaux profondes commercialement viables.
En clôture des échanges, Oliver Onyekweli, associé chez McKinsey & Company et modérateur de la rencontre, a estimé que le Nigéria est redevenu une destination de premier plan pour les investissements dans l’exploration-production grâce aux réformes engagées ces dernières années.
Il a rappelé que les investisseurs internationaux avaient manifesté un intérêt croissant pour le potentiel offshore nigérian lors de la récente Offshore Technology Conference de Houston, tout en soulignant que cette dynamique devra s’appuyer sur une réduction durable des coûts, une collaboration renforcée entre les acteurs de la chaîne de valeur et une exécution plus efficace des projets.
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