Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la hausse des prix des produits de première nécessité devrait accentuer la pauvreté et l’insécurité alimentaire au Nigéria, malgré une amélioration de la stabilité macroéconomique.
Le FMI tire la sonnette quant à l’aggravation de la pauvreté compte tenu de la conjoncture d’augmentation des prix des denrées de première nécessité au Nigéria, tout en maintenant ses prévisions de croissance à 4,1 % en 2026 et 4,3 % en 2027.
Dans la mise à jour de juillet 2026 de ses Perspectives de l’économie mondiale, le FMI souligne que l’économie nigériane bénéficie d’une meilleure stabilité macroéconomique et d’une évolution favorable de ses termes de l’échange. Toutefois, ces progrès risquent d’être contrebalancés par la flambée des prix des biens essentiels, susceptible d’accroître la précarité des ménages.
« Le Nigéria bénéficie d’une stabilité macroéconomique améliorée et d’effets favorables sur ses termes de l’échange, même si la hausse des prix des produits de première nécessité devrait aggraver la pauvreté et l’insécurité alimentaire », indique l’institution.
Le FMI prévoit ainsi une croissance de 4,1 % en 2026 puis de 4,3 % en 2027 pour la première économie d’Afrique.
Pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, l’institution table sur une croissance de 4,3 % en 2026 et de 4,5 % en 2027, tout en relevant d’importantes disparités entre les pays.
Selon le rapport, les économies importatrices de pétrole et pauvres en ressources naturelles restent les plus exposées à la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. À l’inverse, certaines grandes économies continuent de tirer profit des réformes engagées ces dernières années, même si elles demeurent en marge du dynamisme technologique mondial porté par l’intelligence artificielle, et subissent les effets du recul de l’aide publique au développement.
Au niveau mondial, le FMI a légèrement revu à la baisse ses perspectives de croissance, désormais attendue à 3,0 % en 2026 et 3,4 % en 2027, contre une moyenne de 3,5 % enregistrée en 2024 et 2025.
L’institution attribue ce ralentissement aux conséquences persistantes du conflit au Moyen-Orient, partiellement compensées par l’accélération du cycle technologique mondial liée aux progrès de l’intelligence artificielle.
Le FMI prévoit également que l’inflation mondiale passera de 4,1 % en 2025 à 4,7 % en 2026, avant de retomber à 3,9 % en 2027, estimant que le processus de désinflation observé auparavant s’est interrompu.
Parmi les principaux risques, l’institution cite une éventuelle intensification des tensions au Moyen-Orient, qui pourrait accroître la volatilité des prix des matières premières, perturber davantage les chaînes d’approvisionnement et durcir les conditions financières mondiales.
Elle met aussi en garde contre une fragmentation accrue du commerce international, susceptible de freiner la production et d’alimenter les pressions inflationnistes.
Le FMI recommande enfin aux gouvernements de poursuivre les efforts de stabilisation des prix, de reconstituer leurs marges budgétaires et d’accélérer les réformes structurelles afin de renforcer la sécurité énergétique, la préparation à l’essor de l’intelligence artificielle et la coopération internationale.
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