Le président mozambicain, Daniel Chapo, a démis de ses fonctions la ministre de l’Éducation, Samaria Tovela, à la suite d’une vive controverse provoquée par ses déclarations sur les difficultés financières des enseignants. Ses propos, perçus comme une remise en cause de leur gestion budgétaire personnelle, ont suscité une vague d’indignation au sein du corps enseignant.
Annoncé mercredi, le limogeage de la ministre Mozambicaine de l’Education intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement et les enseignants, confrontés notamment à la faiblesse des rémunérations et aux retards de paiement de certaines indemnités.
Pour succéder à Samaria Tovela, le chef de l’État a nommé Edson Macuacua, qui occupait jusque-là les fonctions de secrétaire d’État à la Science et à l’Enseignement supérieur. Ce dernier préside également la Commission technique chargée du dialogue national inclusif.
La décision présidentielle intervient quelques semaines après les déclarations controversées de l’ancienne ministre, qui avait attribué une grande partie des difficultés financières des enseignants à une mauvaise gestion de leurs ressources plutôt qu’à l’insuffisance de leurs salaires ou aux retards de paiement de l’État.
Lors du deuxième Conseil de coordination du ministère de l’Éducation, tenu au début du mois, Samaria Tovela avait notamment estimé que l’endettement des enseignants résultait principalement de dépenses supérieures à leurs capacités financières.
« Il s’agit d’établir un budget et de savoir s’y tenir, plutôt que de contracter des dettes que l’on ne peut pas rembourser », avait-elle déclaré.
Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions négatives parmi les enseignants, qui dénoncent depuis plusieurs années des rémunérations insuffisantes et le non-paiement des heures supplémentaires. Plusieurs d’entre eux ont reproché à la ministre de minimiser les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés au quotidien.
La polémique a également accentué les tensions entre le ministère de l’Éducation et l’Association nationale des enseignants (ANAPRO), qui réclame depuis longtemps le règlement des arriérés liés aux indemnités d’heures supplémentaires.
L’organisation syndicale accuse régulièrement les autorités de ne pas apporter de réponses satisfaisantes aux revendications du personnel enseignant. Selon elle, plusieurs cycles de discussions avec le gouvernement n’ont débouché que sur des avancées limitées.
Parallèlement à ce changement à la tête du ministère de l’Éducation, Daniel Chapo a nommé Isau Menezes au poste de secrétaire d’État à la Science et à l’Enseignement supérieur, précédemment occupé par Edson Macuacua.
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