Les faits remontent au 15 août 2025 vers 17h45. Un bus assurant la liaison Réghaïa-Tafourah a dérapé d’un pont avant de plonger dans l’Oued El-Harrach, dans la commune de Mohammadia, à Alger. Le bilan est lourd : 18 personnes ont perdu la vie et 23 autres ont été blessées, selon les autorités.
Les victimes ont été évacuées vers les centres hospitaliers universitaires Salim Zmirli et Mustapha Pacha. Les équipes de la Protection civile, appuyées par des plongeurs spécialisés, ont dû intervenir dans des conditions jugées difficiles pour extraire les passagers piégés dans la carcasse du véhicule.
Une enquête préliminaire avait été ouverte dès le 16 août par le parquet près le tribunal de Dar El-Beïda. Selon des informations relayées par des médias locaux, le juge d’instruction a décidé de renvoyer l’affaire devant la juridiction compétente, avec un procès prévu le 8 mars.
Quatre personnes sont actuellement placées en détention provisoire : le conducteur du bus, le receveur, le propriétaire initial du véhicule et un agent poursuivi pour avoir délivré la carte technique autorisant la mise en circulation du bus malgré sa non-conformité présumée aux normes du transport collectif.
Au-delà des responsabilités individuelles, ce drame a ravivé en Algérie les interrogations sur l’état du parc de transport public et sur l’efficacité des mécanismes de contrôle technique. L’implication d’un agent accusé d’avoir validé un véhicule non conforme soulève la question de la rigueur des procédures administratives et du respect des standards de sécurité.
Des voix critiques estiment que ce type d’accident met en lumière des défaillances structurelles plus larges, liées à l’entretien des infrastructures, au suivi des véhicules et à la prévention des risques.
L’ouverture du procès sera donc observée comme un test pour la justice algérienne, appelée à établir les responsabilités et à répondre à une opinion publique marquée par l’ampleur de la tragédie. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépasse le cadre judiciaire : il s’agit de restaurer la confiance dans les dispositifs de régulation et de prévention, afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.
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