Un rapport du Conseil russe des affaires internationales estime que le conflit du Sahara oppose principalement le Maroc et l’Algérie, tandis que la position diplomatique de Rabat continue de se renforcer.
Le Conseil russe des affaires internationales (RIAC), un think tank basé à Moscou et créé en 2010 sous le parrainage du ministère russe des Affaires étrangères, estime que le conflit du Sahara occidental s’apparente de plus en plus à un affrontement indirect entre le Maroc et l’Algérie. Dans un rapport consacré aux dynamiques sécuritaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l’institution souligne que le Front Polisario agit principalement comme un acteur soutenu par Alger.
Intitulé « Les conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord: état actuel et dynamique possible », le rapport d’environ 100 pages analyse l’évolution de plusieurs crises régionales. Concernant le Sahara, l’étude indique que les affrontements militaires entre le Maroc et le Polisario, relancés après la rupture du cessez-le-feu de 1991 en novembre 2020, se traduisent essentiellement par des actions sporadiques de faible intensité. Selon les auteurs, les capacités militaires du mouvement restent limitées et ne lui permettent pas d’infliger des pertes significatives aux forces marocaines.
Le document souligne également la constance de la position marocaine, fondée sur l’intégrité territoriale et l’intégration progressive des provinces du Sud dans l’organisation administrative et économique du pays. Le rapport met en avant les investissements réalisés dans ces territoires ainsi que la stratégie diplomatique menée par Rabat pour renforcer la reconnaissance internationale de sa souveraineté.
Le RIAC met en lumière le rôle déterminant de l’Algérie dans le conflit, estimant que le Polisario dépend largement du soutien politique, économique et logistique d’Alger. L’organisation gérerait notamment les camps de Tindouf au moyen d’un système de redistribution de l’aide internationale, ce qui renforce sa dépendance vis-à-vis des autorités algériennes.
Sur le plan diplomatique, l’étude relève une évolution favorable au Maroc. Le nombre d’États reconnaissant la République arabe sahraouie démocratique (RASD) aurait diminué au fil des années, tandis que plusieurs pays ont ouvert des représentations consulaires dans les provinces du Sud. Le rapport rappelle également que la proposition d’autonomie présentée par Rabat en 2007 demeure la base principale des discussions internationales autour d’une solution politique.
Enfin, le think tank évoque plusieurs scénarios d’évolution du conflit. Le plus probable serait celui d’un renforcement progressif de la position diplomatique du Maroc, accompagné d’incidents sporadiques de faible intensité. Un scénario d’escalade régionale impliquant directement l’Algérie est également mentionné, mais jugé peu probable par les auteurs du rapport.
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