Le Mali et le Centre du commerce international (ITC) ont convenu de mettre en place une équipe technique chargée de préparer un projet de renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises maliennes. Cette initiative a été annoncée jeudi 5 novembre 2026 à Genève, à l’issue d’une série de rencontres conduites par le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, avec des responsables d’organisations internationales.
Selon le ministère malien de l’Industrie et du Commerce, les échanges avec l’ITC ont également permis d’obtenir la confirmation de sa participation au Forum du Mali Kura, rendez-vous international consacré à l’investissement, prévu les 11 et 12 décembre prochains à Bamako.
La mission ministérielle comprend notamment le directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements au Mali (API-Mali), Ibrahim Ahamadou Touré, l’ambassadeur et représentant permanent du Mali à Genève, Sékou dit Gaoussou Cissé, ainsi que des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM).
Ces rencontres interviennent en prélude à la 30e Conférence mondiale de l’investissement, organisée du 10 au 12 novembre à Genève par l’Association mondiale des agences de promotion des investissements (WAIPA).
L’accès aux marchés au cœur des échanges
Au cours de son déplacement, Moussa Alassane Diallo s’est entretenu avec la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala.
Les discussions ont porté sur les obstacles rencontrés par les produits maliens pour accéder aux marchés internationaux, la facilitation des échanges commerciaux et les possibilités de développer la transformation locale des matières premières avant leur exportation.
Le ministre a présenté les orientations de la stratégie nationale de développement à long terme, dénommée « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », qui accorde une place importante à l’industrialisation, à la valorisation des ressources nationales et au développement du secteur privé.
Ces priorités s’inscrivent dans un contexte où les exportations du Mali restent fortement concentrées sur un nombre limité de produits.
D’après les dernières données détaillées disponibles dans le profil commercial du Mali publié par l’OMC, les exportations de marchandises ont atteint environ 4 milliards de dollars en 2023. L’or non monétaire représentait 76 % de cette valeur, contre 8,1 % pour le coton cardé ou peigné.
Cette structure commerciale illustre le poids des matières premières dans les recettes d’exportation et les difficultés liées à la diversification de l’offre nationale.
Les autorités maliennes cherchent notamment à développer les activités de transformation afin de créer davantage de valeur ajoutée et de débouchés pour les entreprises locales.
Dans cette perspective, les échanges avec l’OMC ont porté sur les moyens de faciliter l’insertion des produits maliens dans les circuits commerciaux internationaux, sans qu’un nouvel accord commercial ait été annoncé à l’issue de la rencontre.
Le Forum du Mali Kura en préparation
La rencontre avec le Centre du commerce international a porté plus particulièrement sur l’accompagnement des petites et moyennes entreprises, notamment dans l’amélioration de leurs capacités de production, de transformation et de commercialisation.
La mise en place d’une équipe technique bilatérale constitue la principale avancée annoncée. Elle devra travailler à la formulation d’un projet d’assistance aux PME maliennes, dont les modalités, le financement et le calendrier d’exécution restent à définir.
L’ITC, agence conjointe de l’OMC et des Nations unies, intervient dans l’accompagnement des entreprises des pays en développement, notamment pour l’amélioration de leur compétitivité, l’accès aux informations commerciales et la recherche de débouchés à l’exportation.
La participation annoncée de l’institution au Forum du Mali Kura s’inscrit dans les préparatifs de cette rencontre, organisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce à travers l’API-Mali.
Prévu les 11 et 12 décembre 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le Forum doit réunir des investisseurs, des institutions financières, des représentants du secteur privé et des porteurs de projets.
Selon les organisateurs, plus de 200 projets d’investissement sont destinés à être présentés dans six secteurs prioritaires. Le programme comprend des panels, des rencontres d’affaires et des échanges directs entre investisseurs et promoteurs.
L’API-Mali mène depuis plusieurs semaines une campagne de mobilisation auprès des partenaires internationaux. Des démarches ont notamment été engagées avec des représentants de la Banque mondiale, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et des milieux économiques étrangers.
La mission de Genève s’inscrit dans cette série de consultations, avec l’objectif d’élargir la participation internationale à la rencontre de Bamako.
De son côté, la Conférence mondiale de l’investissement de la WAIPA réunira, du 10 au 12 novembre à Genève, des responsables d’agences de promotion des investissements, des représentants gouvernementaux et des entreprises autour des évolutions des flux d’investissement internationaux.
Cette trentième édition sera notamment consacrée à la promotion d’investissements résilients et durables, dans un contexte marqué par les transformations des chaînes d’approvisionnement et les nouvelles politiques industrielles.
Les rencontres du 5 novembre constituent ainsi une étape préparatoire dans la recherche de partenariats pour les entreprises maliennes. Aucun montant de financement ni accord d’investissement supplémentaire n’a été annoncé à l’issue des échanges.
MD/te/APA





