Le président égyptien plaide pour une transition progressive vers les aides financières directes, tout en renforçant les stocks stratégiques et la sécurité de l’approvisionnement alimentaire.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a réaffirmé la nécessité de moderniser le système national de subventions et d’envisager le remplacement progressif d’une partie des aides en nature par des transferts monétaires. Cette orientation a été examinée lundi 3 août, lors d’une réunion consacrée à la sécurité alimentaire et à la disponibilité des produits de première nécessité.
Selon un communiqué de la présidence, le chef de l’État a demandé de poursuivre les efforts pour garantir que les aides bénéficient effectivement aux catégories éligibles et aux ménages les plus vulnérables. Le dispositif envisagé doit permettre de mieux cibler les bénéficiaires et de leur offrir davantage de liberté dans leurs choix de consommation.
La réforme concerne notamment les subventions accordées à travers les cartes de rationnement et le pain subventionné. Le gouvernement étudie leur remplacement partiel par des aides financières directement versées aux ménages concernés. Les modalités d’application restent toutefois à préciser, notamment les critères d’éligibilité et le calendrier de mise en œuvre.
Cette perspective intervient dans un contexte de tensions autour du dispositif actuel. Selon des médias locaux, plus de 850 000 personnes auraient récemment été radiées du système des cartes de rationnement, suscitant des interrogations sur les critères de sélection et la protection des ménages modestes.
La réunion a également porté sur les stocks stratégiques de produits alimentaires. Les autorités ont fait état de réserves jugées suffisantes pour couvrir les besoins du marché pendant plusieurs mois, voire près d’une année pour certaines denrées. Al-Sissi a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de stockage, de progresser vers l’autosuffisance pour les produits essentiels et de stabiliser les prix.
Le chef de l’État a par ailleurs appelé à consolider les partenariats avec le secteur privé. Les discussions ont notamment abordé le projet de création de 300 boulangeries stratégiques à travers le pays, ainsi que le renforcement du contrôle de la qualité des produits commercialisés.
Au-delà de la rationalisation des dépenses publiques, cette réforme constitue un chantier sensible pour les autorités égyptiennes. Elle touche directement au pouvoir d’achat et à l’accès aux produits alimentaires de millions de ménages, dans un contexte où la maîtrise des prix et la préservation de la paix sociale demeurent des enjeux majeurs.collective.
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