Le Mali et le Maroc ont relancé, mardi à Bamako, les travaux de leur Grande Commission mixte, un mécanisme de coopération bilatérale qui ne s’était plus réuni depuis vingt-six ans. Cette quatrième session, ouverte par une réunion d’experts, doit déboucher sur la signature de nouveaux accords destinés à renforcer les échanges économiques et les investissements entre les deux pays.
Avec la reprise de la Grande Commission mixte après 26 ans, les experts maliens et marocains ont entamé l’examen des projets d’accords qui seront soumis aux ministres des Affaires étrangères lors de la session ministérielle prévue le 24 juillet, après un Forum d’affaires organisé le 23 juillet.
Les travaux sont coprésidés par Moustapha Traoré, secrétaire général du ministère malien des Affaires étrangères, et Mohammed El Alaoui, chef de division des Affaires africaines au ministère marocain des Affaires étrangères.
Durant deux jours, les délégations passent en revue les programmes de coopération existants et identifient de nouvelles priorités dans des secteurs stratégiques tels que le commerce, les investissements, l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, les mines, la santé, la formation et l’enseignement supérieur.
Créée par un accord signé en 1987, la Grande Commission mixte constitue le principal cadre institutionnel de dialogue et de suivi de la coopération entre Bamako et Rabat. Sa dernière réunion remontait à juin 2000 à Rabat.
Une quatrième session avait déjà été envisagée à l’occasion de la visite du roi Mohammed VI au Mali en février 2014. Ce déplacement s’était soldé par la signature de dix-sept accords couvrant notamment les investissements, la santé, l’eau, l’énergie, les télécommunications, les transports, l’agriculture et les mines.
La rencontre de Bamako vise à évaluer la mise en œuvre de ces engagements, à actualiser les mécanismes de coopération et à définir de nouveaux programmes répondant aux priorités économiques des deux États.
Un accent sur les investissements
Le Forum d’affaires du 23 juillet réunira des entreprises, des institutions financières et des représentants du secteur privé malien et marocain autour des opportunités d’investissement, de la transformation locale, du financement des entreprises et des partenariats industriels.
Les échanges commerciaux demeurent largement en faveur du Maroc. En 2025, les exportations marocaines vers le Mali étaient estimées à près de 185 millions de dollars, contre environ trois millions de dollars d’importations en provenance du Mali.
La Chambre de commerce et d’industrie du Mali entend profiter de cette rencontre pour favoriser les contacts directs entre opérateurs économiques et attirer davantage d’investissements ainsi que des transferts de compétences.
Les entreprises marocaines sont déjà solidement implantées dans plusieurs secteurs de l’économie malienne. Maroc Telecom est présent à travers Moov Africa Malitel, Bank of Africa figure parmi les principaux établissements bancaires du pays et le groupe OCP mène plusieurs programmes destinés à améliorer la fertilité des sols et la productivité agricole.
Un rapprochement politique confirmé
Cette relance de la coopération intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Bamako et Rabat.
En avril 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient soutenu l’initiative marocaine visant à faciliter l’accès des pays sahéliens aux ports de l’Atlantique, une perspective stratégique pour le Mali, État enclavé, afin de diversifier ses corridors commerciaux.
Les relations bilatérales se sont encore renforcées en avril 2026 lorsque le Mali a retiré sa reconnaissance à la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et apporté son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental.
Quelques jours avant cette Grande Commission mixte, le Maroc était également le pays invité d’honneur de la deuxième édition du Forum international de la diaspora, organisée du 16 au 18 juillet à Bamako, une participation qui a favorisé les échanges entre investisseurs, institutions et entrepreneurs des deux pays.
Après plus d’un quart de siècle d’interruption, Bamako et Rabat entendent désormais transformer leur rapprochement diplomatique en projets économiques concrets, dont la réussite dépendra de la mise en œuvre effective des accords qui seront conclus au terme de cette quatrième Grande Commission mixte.
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